Un vote historique qui ébranle la Belgique !

Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Belgique

Pour la première fois en 177 ans, les Flamands ont imposé leur loi

Ce matin, sur Ciel, on débattait:


Du côté des Miss Belgique
Revue de presse flamande


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BRUXELLES "Adieu!" 14 h 38, ce mercredi. Le mot claque, sourire des grands jours aux lèvres, dans la bouche d'un élu extrémiste flamand. Avec ses pairs de la commission de l'Intérieur de la Chambre, il assiste en gloussant au départ de l'ensemble des députés francophones.

En vain. Deux minutes plus tard, sous une incroyable nuée de caméras, le vote sur l'article 1 de la proposition de loi est acté. La scission de BHV a commencé. Elle s'appuie sur les voix de l'ensemble des formations flamandes, en ce compris du Vlaams Belang ainsi que de Groen dont la présence soutient le quorum, même si son élue sera la seule à s'abstenir.

Le vote tant redouté s'est donc bel et bien produit. Et les sudistes n'ont eu d'autre choix que celui de mettre à leur tour leur menace à exécution, en quittant la salle.

Jusqu'au bout, pourtant, certains ont cru qu'on parviendrait à l'éviter. Le matin, Yves Leterme avait reçu Didier Reynders (MR), élargissant deux heures plus tard le cercle à Joëlle Milquet (CDH).

Que s'est-il dit lors de ces entrevues ? Mystère. Et polémique. Le président du MR assure que M. Leterme a fait de nouvelles propositions. Joëlle Milquet dément avoir reçu ou entendu la moindre chose neuve.

Reste que, sur le temps de midi, M. Reynders qualifiait ces nouvelles pistes de "beaucoup plus acceptables ". Mieux : sur cette base, il acceptait, disait-il, d'"entrer dans une discussion ", à condition que la commission de l'Intérieur qui entamait ses travaux à 14 h 30 ne mette pas à exécution sa menace de vote.

L'espoir, pourtant, n'aura duré que quelques minutes. Car Bart De Wever (NV-A) s'est empressé de faire savoir que le vote aurait bel et bien lieu.

Socio-économique

"La Flandre nous demandait pourtant des perspectives d'accord négocié pour lever son diktat ", peste ce cacique. "Avec l'avancée de Reynders, cette perspective, elle l'avait. Mais elle n'en a pas tenu compte. Cela montre bien qu'elle était résolue depuis la veille à voter le texte, quoi qu'il arrive ."

De fait, dès mardi soir, on sentait la pièce jouée. À l'heure des JT, le président du MR avait repris la direction de Liège. Et Olivier Maingain, en direct, disait tout le mal qu'il pensait du formateur, juste sous... ses fenêtres. La probabilité de sauver les palabres, à ce moment-là, s'approchait dangereusement du niveau zéro.

Ce mercredi, dès le vote acquis, le président du MR a convoqué les autres présidents de partis francophones. Pas au MR, pour ne pas froisser le PS, mais au Parlement de la Communauté française (lire par ailleurs).

Les élus flamands, eux, ont poursuivi le vote du texte, article par article. L'ensemble ne leur aura pris qu'une quarantaine de minutes.

Dès la séance levée, les communiqués ont commencé à pleuvoir. Mais pas, bizarrement, pour signifier la mort de l'Orange bleue. Car ses "partenaires ", même si c'est avec des nuances, lui laissent encore une chance, à elle comme à Yves Leterme. Il pourrait prendre la tête d'un gouvernement qui ne serait plus axé que sur le seul domaine socio-économique...



© La Dernière Heure 2007
Christian Carpentier

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