En janvier 2019, une conférence intitulée "Comment unir nos forces pour se préparer à une pandémie de grippe ?", était tenue à Londres par le Royal Institute of International Affairs, plus connu sous le nom de Chatham House, un think tank reconnu sur la scène internationale.

Lors de celle-ci, en tant que Commissaire belge de la grippe, le virologue belge Marc Van Ranst. Particulièrement mis au devant de la scène médiatique depuis le début de cette crise sanitaire, ce dernier était invité à s'exprimer sur la gestion des épidémies et en particulier sur la communication et l'engagement du public.

Lors de son intervention, nous apprenons ainsi que pour Marc Van Ranst, qui prend l'exemple de la grippe mexicaine qui a frappé le pays en 2009, il faut être "omniprésent" dans les médias: "Dès les premiers jours, vous devez commencer à communiquer avec la presse, avec la population. Vous devez avoir un accord avec eux. Vous leur dites tout. S'ils vous appellent, vous répondez", explique-t-il, "Si vous faites cela, ils ne vont pas chercher d'autres voix alternatives", ajoute le virologue.

Plus loin dans la vidéo, il rapporte même qu'il serait possible de créer des liens avec les médias et ainsi influencer l'opinion public: "Vous pouvez leur demander des faveurs en retour. Passer par eux pour transmettre un infomercial gratuitement par exemple."

Instrumentaliser la peur

Par ailleurs, plusieurs autres stratagèmes ont été utilisés par Marc Van Ranst afin d'influencer la population. Le virologue informe ainsi qu'il usait parfois de phrases chocs: "Il y aura 7 morts par jour lors du pic de l'épidémie", par exemple. Or c'est le cas chaque année, même lorsqu'il n'y a pas d'épidémie. Cependant, cette annonce, qui a été reprise par la presse, a interpellé la population qui s'est alors rendue compte que des gens mouraient de la grippe. Il rapporte même qu'il a participé aux premières funérailles des personnes décédées de la grippe mexicaine en Belgique afin de renforcer son message.

Par rapport à la vaccination, il a également instrumentalisé le fait que certains clubs de football professionnels du pays, contre tout avis, voulaient faire vacciner leurs joueurs en priorité. A l'époque, Marc Van Ranst avait fait en sorte de montrer son agacement dans les médias. Il souhaitait que les Belges s'interrogent sur la "désirabilité" du vaccin puisque les gens se tiraient dans les pattes afin d'être les premiers vaccinés.