L'association Ibuka Mémoire et Justice, qui compte de nombreux rescapés du génocide des Tutsis parmi ses membres, dénonce la présence de Me Laure Uwase parmi les experts scientifiques choisis pour assister la commission spéciale de la Chambre qui se penche sur le passé colonial de la Belgique, écrit Le Soir lundi. Le groupe d'experts est destiné à baliser le travail de la Commission vérité et réconciliation, pour étudier le passé colonial de la Belgique.

L'association Ibuka, qui représente la diaspora rwandaise de Belgique et les victimes du génocide des Tutsis en 1994, n'accepte pas la présence de Me Laure Uwase dans ce groupe. Ce qui la fait bondir est que cette avocate au barreau de Bruxelles, de nationalité rwandaise, est membre de l'ASBL Jambo, dont l'idéologie est controversée, rapporte Le Soir. L'association Jambo rassemble de nombreux membres de la diaspora rwandaise en Belgique, dont des familles arrivées dans le Plat pays dans les années qui ont suivi le génocide, accueillies dans les milieux catholiques du nord du pays et très rapidement régularisées.

Ibuka Mémoire et Justice considère que si le passé et le présent familial de Laure Uwase l'autorisent à parler de son pays, elle n'a cependant aucune légitimité particulière en tant qu'experte. Ibuka rappelle aussi avoir empêché en 2018 la tenue d'un colloque au Parlement européen, après avoir fourni des éléments démontrant que Jambo News véhiculait une idéologie niant le génocide et confondant victimes et bourreaux. Pour Ibuka, la présence d'une représentante de Jambo News dans le groupe d'experts "est une insulte à la vérité historique et à la mémoire des victimes".

Ibuka redoute un "travestissement de la vérité". La position de l'ASBL est appuyée par d'autres associations incarnant la mémoire de victimes de génocides: le Comité de coordination des organisations juives de Belgique, le Centre communautaire laïc juif, le Comité des Arméniens de Belgique et la Fédération des Araméens de Belgique.

Droit de réponse de l'asbl Jambo:

Suite à la publication de cette dépêche, l'asbl Jambo a contacté notre rédaction pour exercer le droit de réponse suivant :

"L’asbl Jambo conteste fermement les insinuations selon lesquelles elle véhiculerait une idéologie niant le génocide et confondant victimes et bourreaux. Ces insinuations font d’ailleurs l’objet d’une plainte avec constitution de parties civiles déposée en janvier 2019 auprès du Tribunal de 1ère instance pour diffamation et calomnie. L’asbl Jambo rappelle qu’elle milite pour la reconnaissance de toutes les victimes indépendamment de leur ethnie et de ce fait, reconnaît le Génocide contre les tutsis. Les positions de l’asbl Jambo peuvent être consultées sur le site internet www.jamboasbl.com".