Une plainte a été déposée aurès du jury d'éthique publicitaire.

Ce lundi matin, les étudiants de l’Université Libre de Bruxelles ont découvert avec stupeur la campagne d’affichage du site de rencontre Rich Meet Beautiful. Celle-ci s’adresse directement aux étudiantes et leur propose “d’améliorer leur style de vie en sortant avec un sugar daddy”. Le slogan est accompagné d’une photo présentant une femme dont le visage est caché et qui présente un important décoleté.

La campagne a fait bondir de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux. “Non, ce n’est pas une blague. Ce panneau est bien arboré ce matin aux alentours de l’université. Non seulement il atteint des sommets de sexisme crasse, mais en plus il fait carrément l’apologie de la prostitution étudiante (des femmes bien sûr).” s’est indigné un internaute, sur sa page Facebook.

La campagne d’affichage est également décriée par les université qui y voient un service d’escort déguisé.

Une plainte a été déposée auprès du Jury d’éthique publicitaire. “Cette campagne médiatique a fait l’objet d’une plainte”, a annoncé le président du JEP à l’agence Belga. Celle-ci sera analysée mardi prochain. Le JEP peut condamner la campagne et imposer son arrêt. Il peut aussi estimer qu’elle ne pose aucun problème. Le jury peut enfin arrêter une décision conditionnelle, mais il s’agit d’un cas de figure très rare.

“La Belgique est l’un de nos 5 principaux marchés prioritaires, c’est pourquoi nous avons choisi d’utiliser un marketing de masse. Nos recherches montrent que la Belgique s’intéresse fortement à ce tout nouveau concept de rencontre en ligne. Le mois prochain, 10 voitures arpenteront les rues de Bruxelles en passant prioritairement dans les zones proches d’établissements universitaires pour ensuite nous déployer également vers d’autres grandes villes proches. Dans 2 semaines, j’irai en Belgique pour suivre personnellement notre campagne publicitaire de masse qui utilisera les radios, les télévisions, internet, etc. pour plus d’efficacité. Depuis notre lancement, nous avons constaté que la Belgique s’est fortement intéressée à notre site. Nous estimons enregistrer 300 000 inscriptions de membres belges d’ici la fin de l’année 2018” , a indiqué Sigurd Vedal, PDG du site.

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Marcourt et Simonis déposent aussi plainte

La ministre des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, et son collègue en charge de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, ont annoncé à leur tour lundi soir leur volonté de déposer plainte contre la campagne publicitaire menée à proximité des universités et Hautes écoles bruxelloises sur le thème du "sugardating".

"Cette publicité, scandaleuse et alarmante, démontre que ce site encourage la prostitution des jeunes étudiantes. Les masques tombent par rapport à ces 'pratiques de sugar-dating' qui suscitent l'inquiétude depuis un moment. En plus d'inciter les jeunes filles à vendre leurs corps, ce phénomène valorise la domination masculine et marque un retour en arrière de plusieurs décennies dans les rapports entre les hommes et les femmes. Il est temps d'agir avec détermination, par la sensibilisation mais aussi en utilisant tous les moyens légaux possibles", précise la ministre Simonis dans un communiqué.

Les deux ministres entendent ainsi se constituer partie civile au pénal en invoquant l'article 380 du Code pénal incriminant notamment l'incitation à la débauche et la prostitution ont déjà chargé les services de l'administration de constituer un dossier en ce sens.

Ils prendront également contact avec les bourgmestres des communes où la publicité a été vue pour qu'ils suspendent cette diffusion au motif de troubles à l'ordre public.

Les deux ministres annoncent enfin la mise en oeuvre d'une campagne d'information sur la prostitution étudiante afin de "conscientiser les jeunes à ses implications en termes d'intégrité physique et psychique", conclut le communiqué.