Une conseillère communale élue sur une liste N-VA mais entre-temps passée dans les rangs du Vlaams Belang a fleuri la tombe d'un soldat SS aux Pays-Bas en ce 11 novembre, un comportement qui embarrassait jeudi le parti d'extrême droite. Carrera Neefs a été élue en 2018 sur une liste N-VA au conseil communal de Wuustwezel, en province d'Anvers. Elle a ensuite quitté son parti pour entrer au Vlaams Belang, devant toutefois siéger comme indépendante.

Ce mercredi, jour de l'Armistice de la Première guerre mondiale, l'un de ses posts sur les réseaux sociaux a été repéré par De Morgen. On l'y voit fleurissant, au cimetière militaire d'Yssenstein (Pays-Bas), la tombe de Willem Heubel, un Néerlandais qui s'est engagé dans les rangs SS pendant la Seconde guerre mondiale.

"Nous sommes embarrassés", reconnaît le VB. Son porte-parole explique toutefois que la mandataire a été sollicitée par un parent du soldat qui était dans l'incapacité d'aller fleurir cette tombe. Ce parent souhaiterait rester anonyme. Selon ce porte-parole, l'intention de l'élue n'était ni d'affirmer quoi que ce soit à travers ce geste, ni de blesser.

Le ton est plus accusateur à la N-VA. Le député Michael Freilich y voit un problème structurel du parti d'extrême droite. "Malgré les belles paroles du président (du Vlaams Belang) Tom Van Grieken, il semble qu'il y ait pas mal de pourriture sous la surface. Tant que son parti ne passera pas le balai dans ses rangs et tous ses collaborateurs et mandataires au crible, ce genre de chose se reproduira. On dirait qu'il n'est plus question de tolérance zéro contre le racisme et l'antisémitisme. Cela illustre bien la muraille dont parlait (le président de la N-VA) Bart De Wever", a commenté le nationaliste flamand.

M. De Wever avait assuré en 2018 qu'il existait une "grande muraille de Chine" entre la N-VA et le VB. L'année suivante, il a longuement négocié avec le VB la formation d'un gouvernement flamand, sans toutefois aboutir.