La fermeture des établissements scolaires n'est pas encore sur la table mais la pression est de plus en plus importante. Ce jeudi, une réunion entre Caroline Désir, ministre de l'Enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et les professionnels de la santé doit avoir lieu pour faire le point sur la situation sanitaire dans les écoles.

Actuellement, l'école se trouve en code jaune. Une partie importante des cours sont donc toujours donnés en présentiel.

Des mesures plus strictes, voire une fermeture des établissements, sont demandées par certains. Cependant, de telles décisions seraient contre-productives et auraient des conséquences négatives importantes selon de nombreux pédiatres. Une position soutenue par Anne Tillemanne de l'HUDERF.

"Les enfants ne sont pas le moteur de l'épidémie"

Selon la pédiatre et infectiologue, "les enfants ne sont pas le moteur de l'épidémie". "La situation actuelle est bien évidemment inquiétante. Le virus circule dans toute la population et notamment chez les 10-30 ans. Cependant, lorsque l'on se penche sur la période août-septembre, nous pouvons observer que les chiffres étaient déjà en augmentation avant même que l'école ne reprenne. C'est un signe que les enfants ont donc des contacts également en dehors de l'école", explique-t-elle.

Cependant, Anne Tillemanne tient à rassurer: "Les enfants restent relativement épargnés par cette épidémie".

Selon les données fournies par Sciensano, un peu plus de 1% des hospitalisations concernent en effet les enfants: "Si nous prenons les mois de septembre et d'octobre, nous avons hospitalisé une trentaine de patients à l'HUDERF pour des bilans de fièvre ou des durées assez courtes. Aujourd'hui ils se portent bien", précise-t-elle. "La maladie qu'on observe chez les enfants, n'est pas du tout la catastrophe que l'on voit chez les adultes."

Toutefois, selon elle, il faut que les jeunes comprennent qu'ils doivent continuer à respecter les gestes barrières et à garder leur distance pour préserver les individus plus fragiles. Pour cela, elle suggère de les intégrer dans la lutte contre le coronavirus et de faire en sorte d'imposer des règles qu'ils perçoivent cohérentes.

Fermer les écoles, une fausse bonne idée?

A propos de la transmission du coronavirus, la membre de la task-force pédiatrique précise que les cas de contaminations des enfants vers les adultes sont plus rares que l'inverse: "Au sein d'un foyer, plusieurs études démontrent que dans moins de 10% des cas, l'enfant était le premier cas retrouvé. Par ailleurs, dans 90% des hospitalisations d'enfants, un parent était malade avant que l'enfant ne présente lui-même des symptômes", informe-t-elle.

Dès lors, la fermeture des écoles serait une manière fausse de se rassurer, en estimant que le problème est réglé: "C'est trop facile de pointer l'école du doigt. En général, au sein de établissement, les règles sont bien comprises et respectées. Cependant, une fois à l'extérieur, la pression se relâche et des erreurs sont commises. Certains ne portent pas de masque ou discutent à la fermeture des grilles", commente Anne Tillemanne. "De plus, lorsque l'on s'attarde sur les chiffres, ce sont les jeunes plus âgés qui sont les plus touchés. Ce sont donc ceux qui ont le plus d'indépendance. La fermeture des écoles ne va donc pas les empêcher d'arrêter ces contacts qui se font hors du cercle scolaire".

Elle rapporte également qu'un nouveau confinement aurait pour conséquences une hausse de la détresse des enfants et des pathologies psychiatriques ainsi qu'une dégradation plus générale du bien-être chez les jeunes.