Après BioNTech-Pfizer, Moderna et AstraZeneca, le vaccin anti-Covid Johnson&Johnson fait son entrée sur le marché européen. Jeudi, l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui supervise et autorise la diffusion des produits médicamenteux, a donné son feu vert à l’entreprise américaine. Efficace à 67 % selon plusieurs études, la différence majeure réside dans son administration : le vaccin proposé par Johnson&Johnson ne requiert qu’une seule dose. Cet élément enthousiasme les scientifiques, qui voient en ce vaccin l’étincelle qui redynamisera la vaccination en Belgique. 

"L’arrivée de ce vaccin sur le marché est une formidable nouvelle", commente l’épidémiologiste Yves Coppieters. Cette nouvelle donne relance totalement la stratégie de vaccination et ouvre de nouvelles perspectives. Au niveau administratif tout d’abord : le suivi des personnes qui recevront ce vaccin n’en sera que facilité. Et puis au niveau logistique ensuite, les personnes pour qui les déplacements sont difficiles n’auront à se déplacer qu’une seule fois." Si la question logistique liée à la vaccination a posé et pose toujours problème dans notre pays, la dose unique de ce vaccin pourrait répondre à bon nombre de problématiques. "Je pense aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux sans-abri et à toutes celles et ceux qui sont difficilement identifiables", souligne le virologue Yves Van Laethem. 

La Belgique s’est déjà positionnée sur ce vaccin, en commandant cinq millions de doses "J&J", dont le premier lot devrait arriver d’ici le mois d’avril. "Ce nouveau vaccin arriverait à la troisième position derrière Pfizer et AstraZeneca en termes de nombre de doses commandées, mais deviendrait le deuxième le plus prolifique puisque cinq millions de John&Johnson, c’est cinq millions de Belges vaccinés", reconnaît la task force vaccination, qui compare ce vaccin à dose unique par rapport aux autres dont le nombre de vaccinés doit être divisé par deux (division due aux deux injections). L’arrivée du nouveau vaccin américain peut également rassurer une partie des Belges. C’est en tout cas ce que soutient Yves Coppieters en ces mots : "La multiplication des vaccins peut augmenter l’adhésion de la population dans la mesure où avoir le choix pour les personnes âgées et les plus à risque peut rassurer."

Et la task force de compléter : "Plus les outils sont multiples, plus la lutte contre l’épidémie est efficace, et plus l’immunité est possible." La diversité des vaccins relance aussi le débat autour de la place de la première ligne de soins dans la campagne vaccinale, car "les médecins généralistes pourront mieux conseiller leurs patients dans le choix des vaccins", selon Yves Coppieters, et ainsi prévenir des risques d’effets secondaires.