Depuis le mois d’octobre, les professionnels de l’Horeca sont obligés de garder leurs portes closes. Une éternité pour des milliers d’indépendants qui ont de moins en moins de perspectives. Et alors que le variant britannique est toujours source d’inquiétude et qu’on parle plus d’un durcissement que d’un assouplissement des mesures, le secteur veut se mobiliser et se faire entendre.

Plusieurs actions ont déjà eu lieu, et d’autres sont prévues dans les jours à venir. Le 5 février prochain, un collectif en collaboration étroite avec le “Collectif restobar Bruxelles” va se mobiliser pour demander des aides supplémentaires. Pour jouer les porte-parole, on retrouve Eric Dieu, délégué commercial pour la Brasserie Delsart, située à Fernelmont. “Je ne suis pas restaurateur moi-même, mais je travaille avec eux depuis 30 ans, c’est toute ma vie, explique-t-il. Je suis au chômage économique car notre société a perdu 95 % de son chiffre d’affaires ces derniers mois. Nous fournissons plus de 1.000 restaurants, cafés et points de vente en Wallonie.

C’est donc par amitié qu’il a rejoint un mouvement qui n’est pas chapeauté par une fédération Horeca. “J’entends parfois dire que les fédérations ne font rien, mais ce n’est pas vrai, estime-t-il. Ces personnes travaillent dans l’ombre pour améliorer la situation mais devraient peut-être communiquer un peu plus, il est vrai.

Concrètement, ce n’est pas une mais plusieurs actions qui sont prévues le 5 février. “L’idée se base sur la manifestation qui s’est déroulée le 15 janvier au Mont des Arts, indique-t-il. Au départ, nous voulions faire monter les restaurateurs et cafetiers wallons à Bruxelles, mais nous avons finalement choisi de lancer de petites manifestations dans un maximum de communes.

Et si les lieux ne sont pas communiqués au grand public, il ne s’agit pas d’enfreindre les règles sanitaires. “Justement, ces manifestations seront réservées aux professionnels et ne pourront avoir lieu qu’avec l’accord des autorités locales. Nous avons déjà reçu les autorisations dans une quinzaine de communes, mais on s’attend en tout à avoir des actions dans une trentaine de communes. Les autorisations devraient arriver dans les jours à venir.

Ces rassemblements ne pourront accueillir que 100 personnes maximum, avec une inscription au préalable. Actuellement, on compte déjà des actions prévues à Braine-l’Alleud, Waterloo, Lasne, Mons, Nivelles ou encore Gembloux. “Une fois inscrites, les personnes qui participeront connaîtront le lieu de rassemblement, par exemple une grand-place. Il faudra évidemment respecter le port du masque et la distanciation sociale. En outre, nous demandons à chaque participant de venir avec la fameuse affiche “commerces à remettre”, comme au Mont des Arts.

Tout cela avec des revendications portant principalement sur les aides régionales et fédérales. “Nous comprenons les fermetures actuelles mais il faut uniformiser les aides. La différence est énorme entre la Flandre où les aides sont conséquentes, la Wallonie où c’est beaucoup moins et Bruxelles qui est vraiment le parent pauvre ! Nous voulons aussi rappeler aux autorités que l’Horeca représente 300.000 emplois directs et indirects en Belgique. On fait tout un foin cette semaine avec les licenciements chez FedEx, mais l’Horeca vit aussi un drame !”