Voilà le décor planté pour les semaines, les mois à venir. Car le futur reste toujours incertain, pour ne pas dire plombé. "Il y a certes une légère amélioration dans les chiffres, mais si l’on prend l’image d’un marathon, alors nous sommes toujours plus près de la ligne de départ que de celle d’arrivée", ajoutait-il, signifiant par là que les conséquences économiques du virus devraient s’étendre bien au-delà de la deuxième vague que nous connaissons actuellement.

Ce ne sont pas moins de 38 mesures qui ont été présentées. Certaines prolongent des dispositions déjà en vigueur, d’autres voient le jour pour venir en aide à des secteurs qui, parfois, avaient le sentiment d’être oubliés ou, à tout le moins, de n’être pas assez pris en compte.

Combien coûtera ce vaste plan, qui propose 38 nouvelles mesures de soutien, s’ajoutant aux nombreuses déjà mises en place en avril dernier ? Impossible à dire actuellement, répond le Premier, car on ne connaît pas encore la durée exacte d’application, ni même le nombre de bénéficiaires. Passage en revue des grandes annonces.

1. Deux cents millions d’euros pour le personnel soignant

Il était clair que le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP.A) allait tout faire pour soutenir les travailleurs du secteur hospitalier. Le gouvernement débloque pour cela une enveloppe de 200 millions d’euros, destinée à remercier les efforts des travailleurs (salariés et indépendants). Comment sera-t-elle distribuée ? Nul ne le sait aujourd’hui. Les modalités précises seront définies après une concertation avec les partenaires sociaux. Cette grosse enveloppe s’ajoute à la prime solidarité de 300 euros, déjà annoncée, et qui sera versée, avant la fin de l’année, à tout le personnel des soins de santé fédéraux.

2. Le retour du congé corona

Dorénavant, le chômage temporaire pour cause de force majeure sera ouvert à toutes les entreprises et tous les secteurs d’activité. Celui-ci avait cessé à la fin du mois de septembre, ce qui avait considérablement alourdi les tâches administratives des employeurs. "Cette mesure vise la simplification administrative et accélérera les délais de paiement", assure Pierre-Yves Dermagne (PS), ministre de l’Emploi.

Le kern a également approuvé la mise en place d’une allocation de chômage pour les parents dont un enfant doit observer une période de quarantaine.

3. L’exonération des charges sociales est ouverte à tous les secteurs touchés

Désormais, cette exonération sera possible au troisième trimestre pour une série de secteurs contraints à la fermeture par les nouvelles mesures. Cela ne concernera plus uniquement les secteurs de l’Horeca et de l’événementiel. Autre nouveauté, les fournisseurs pourront prétendre à l’exonération, s’ils prouvent une baisse de leur chiffre d’affaires d’au moins 65 %.

4. Simplification et renforcement du droit passerelle

Il y a du nouveau pour les indépendants touchés par la crise. Les conditions d’accès au droit passerelle, qui leur permet de s’assurer un revenu en cas de coup dur, vont être assouplies. Outre la prolongation jusqu’à la fin de l’année 2020 du double droit passerelle, le ministre des PME David Clarinval (MR) a annoncé la création d’un nouveau droit passerelle à partir de janvier 2021. "Nous avons l’accord de principe, nous devrons désormais définir les modalités précises", a-t-il précisé lors de la conférence de presse.

5. Septante-cinq millions d’euros pour les publics vulnérables

Outre les nombreuses mesures destinées aux travailleurs et aux entreprises, le kern a annoncé un soutien aux structures sociales. Parmi les nouveautés, l’entrée en action d’une nouvelle task-force dédiée aux groupes vulnérables. Ce groupe sera doté d’une enveloppe de 75 millions d’euros pour venir en aide aux publics les plus précaires, touchés de plein fouet par la crise sanitaire et socio-économique. Parmi les autres annonces, on peut aussi citer la prolongation du gel de la dégressivité des allocations de chômage jusqu’à la fin de l’année ou encore le remboursement accordé aux CPAS de 15 % des paiements des revenus d’intégration.