Le président de l'Open Vld Egbert Lachaert a balayé mercredi la proposition formulée par le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS). Le vice-Premier socialiste proposait, dans L'Echo et De Tijd, d'offrir la possibilité aux salariés qui démissionnent d'avoir accès aux allocations de chômage. Sur Twitter, le libéral flamand s'est dit "radicalement contre" cette idée. "L'objectif, c'est plus de gens au travail et moins avec une allocation. Pas l'inverse", a-t-il écrit. Afin de favoriser la mobilité professionnelle, Pierre-Yves Dermagne propose d'offrir la possibilité aux salariés de réorienter leur carrière un nombre limité de fois. Ceux-ci pourraient, à condition d'occuper un emploi depuis plusieurs années, avoir accès aux allocations de chômage s'ils quittent volontairement leur job.


Cette proposition s'inscrit dans le cadre du débat sur la réforme du marché du travail envisagée par la coalition Vivaldi. Côté francophone, Ecolo est également favorable à ce "droit à la deuxième chance", comme l'a confirmé le chef de groupe Gilles Vanden Burre lundi dans La Libre

Au MR aussi, on est ouvert à l'idée, mais pas dans le contexte d'une lutte contre les métiers en pénurie évoquée par M. Dermagne. "Le MR a proposé un droit à la réorientation à une reprise, après 10 ans de cotisations. Ce droit à la démission aménage les carrières mais ne résout pas la pénurie des métiers. C'est absurde de le penser. Cela pourrait même aggraver la situation", a réagi le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez sur Twitter.


Au nord du pays, la tonalité est bien différente, notamment au sein du parti du Premier ministre Alexander De Croo. "Cette proposition figurait dans des notes précédentes lors des négociations", rappelle Egbert Lachaert, qui fut préformateur de la Vivaldi l'année dernière. Le président des libéraux flamands convient certes qu'il devrait y avoir une plus grande mobilité de la main-d'œuvre, "mais pas ainsi".

Le CD&V a également réagi par la voix de la députée Nathalie Muylle, prédécesseure de Pierre-Yves Dermagne au portefeuille de l'Économie. "Travailler moins avec des allocations pour pallier les pénuries de main-d'œuvre... je ne comprends plus", a-t-elle tweeté.

La proposition de Pierre-Yves Dermagne est très mal accueillie par le patronat flamand. "Une proposition du siècle passé", estime le responsable de l'Unizo Danny Van Assche. Le ministre entend favoriser la mobilité sur le marché du travail. Les employés pourraient ainsi à divers moments de leur vie réorienter leur carrière, avec l'aide d'une allocation.

Les employeurs du nord du pays jugent cette formule totalement "inacceptable" sur le marché du travail actuel. Pour M. Van Assche, il s'agit d'une invitation à se mettre au chômage afin de toucher une allocation. "C'est une proposition du siècle passé qui ne contribue pas du tout aux objectifs du marché de l'emploi. C'est une incitation à la désactivation. Je ne comprends pas comment un ministre de l'Emploi puisse venir avec une telle proposition", explique Danny Van Assche.

Au sein de l'organisation des entrepreneurs flamands, le Voka, la pilule est aussi difficile à avaler. "La Flandre n'a vraiment pas besoin d'une telle proposition. C'est un très mauvais signal. Il faut activer les personnes qui n'ont pas de travail." Cette proposition incite à nouveau à se constituer un confortable matelas d'allocations, commente l'administrateur délégué Hans Maertens.

Seriez-vous prêt à quitter votre emploi si vous pouviez toucher des allocations de chômage, comme le suggère Pierre-Yves Dermagne ?

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