Ce changement consistait à n'administrer qu'une seule dose pour les patients qui ont déjà eu le coronavirus. Selon certains, cela permettrait de protéger plus de personnes contre les formes sévères de Covid et, surtout, de vacciner plus rapidement. Le principe est simple: souvent, les personnes qui ont déjà été atteintes par le virus portent des anticorps qui permettent de suffisamment les protéger de pathologies graves. Encore plus si l'on conjugue ces anticorps avec une dose de vaccin. En n'administrant qu'une seule dose, nous garderons donc une seconde pour d'autres individus.

Ce jeudi, le conseil de la santé a discuté afin de savoir si c'était une bonne idée. Deux infectiologues sont particulièrement favorables à cette idée: Geert et Isabel Leroux-Roels de l'Université de Gand. "Il est préférable de donner à la personne qui a déjà été infectée par le coronavirus classique une dose basée sur cette séquence. Puis ensuite de lui administrer un vaccin basé sur un autre variant plus tard", ont-ils expliqué au Nieuwsblad.

Certaines études indiquent que cette stratégie pourrait s'avérer viable car elle offrirait une protection suffisante. Sciensano a aussi mené des recherches dans cette optique. Mais les résultats ne sont pas encore prêts à être publiés dans une revue scientifique. De plus, les conclusions de cette étude devraient être approuvées par le Conseil supérieur de la santé.

Des objections pratiques

Cependant, les autorités refusent de prendre cette décision actuellement. Le manque de données scientifiques explique en grande partie cette "frilosité". Normalement, le Conseil devrait émettre un avis dès la première semaine de Pâques. Pour cela, il faudra ôter les doutes quant au fonctionnement et, surtout, la sécurité des personnes qui ne prendraient qu'une seule dose.

Autre problème de taille: il faudra convaincre l'Agence européenne des médicaments. En effet, cette dernière a approuvé les vaccins pour une utilisation à deux doses (sauf pour le vaccin Johnson&Johnson, pas encore administré en Belgique). Tout cela est écrit dans un contrat. S'en écarter aurait des conséquences pratiques. Par exemple: avec une seule dose, vous ne serez peut-être pas considéré comme une personne vaccinée dans le futur passeport de vaccination. Ce qui engendrerait le fait que vous ne pourriez certainement pas partir en vacances.

Autre question qui subsiste: combien de temps la Belgique gagnerait-elle réellement? Car dans les mois à venir, un maximum d'administrations des premières doses est prévue. Généralement, la seconde dose survient trois mois après la première (pour le vaccin AstraZeneca). Ce qui signifie qu'aucune accélération ne sera réellement ressentie pendant les prochaines vacances de Pâques.