Dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie mardi, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, a appelé lundi les élus locaux à anticiper "une situation d'urgence exceptionnelle", et à réaliser avant mercredi midi un premier recensement des lieux disponibles dans leur ville.

Selon lui "plus de 100" communes (sur 581 au total dans le pays) avaient déjà accepté de participer à l'opération à la mi-journée, signe d'"une solidarité énorme".

Il s'agit pour elles, précise le courrier, de trouver des places d'hébergement temporaires "tant dans le secteur public que privé ; (...) un logement chez des particuliers, dans un hôtel, une chambre d'hôte, une salle de sport etc.".

Le réseau d'accueil public des demandeurs d'asile en Belgique est actuellement saturé. Pour ne pas l'encombrer encore davantage, le pays entend plaider auprès de ses partenaires de l'UE pour l'adoption d'une directive de protection temporaire facilitant les démarches administratives pour les exilés dans une situation exceptionnelle.

C'est dans ce cadre que l'appel à la solidarité citoyenne a été lancé, relayé sur les réseaux sociaux avec le hashtag #plekvrij ("place disponible" en néerlandais).

Grâce à ce mécanisme dit de "protection temporaire", qui sera au menu d'une réunion de l'UE jeudi, les Ukrainiens bénéficieraient automatiquement d'un statut de résident, "avec accès immédiat au monde du travail", a expliqué Sammy Mahdi lors d'une conférence de presse.

En Belgique, il leur suffira de se faire enregistrer dans un centre d'accueil dédié - un ancien hôpital de Bruxelles aménagé -, où ils pourront être hébergés une ou deux nuits avant d'être répartis dans les communes en fonction des places disponibles.

"Les communes, en collaboration avec le Centre national de crise, sont responsables de la coordination de l'hébergement sur le terrain", a insisté M. Mahdi.

Un élu bruxellois joint par l'AFP a expliqué avoir déjà relayé mardi la demande du gouvernement auprès des opérateurs de logements sociaux de sa commune.

Plusieurs communes ont également invité les citoyens souhaitant apporter de l'aide à leur signaler des possibilités de logements transitoires. C'est notamment le cas de Mouscron, Gembloux, Saint-Josse-ten-Noode, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre ou Liège.

Les habitants peuvent communiquer via mail, téléphone, ou par le biais d'une plateforme spécifique, le type de logement proposé, le nombre de couchages à domicile ou au sein du logement proposé, l'équipement disponible, les langues parlées au sein du foyer et les coordonnées complètes de celui-ci.

En complément, les communes organisent des collectes de vivres, de médicaments et de matériel, en réponse à la demande d'aide émise par l'Ambassade d'Ukraine en Belgique.

À Liège, un centre d'appel permettra dès mercredi de recenser et de coordonner les différentes offres d'aides et les besoins des premiers réfugiés déjà arrivés dans la ville, via le numéro 04/221.81.11.

Les propositions d'accueil de réfugiés faites par les citoyens de Gembloux peuvent, elles, être communiquées au Coordinateur planification d'urgence via le numéro 081/62.55.51 ou par mail à benoit.malisoux@gembloux.be.

À Mouscron, les possibilités de logement peuvent être envoyées au cabinet de la bourgmestre, Brigitte Aubert, par téléphone au 056/86.02.36 ou par mail via l'adresse bourgmestre.aubert@mouscron.be.

La commune de Saint-Josse-ten-Noode invite quant à elle à contacter le service de prévention au 02/217.50.62 ou 0494/57.78.76 pour proposer un hébergement d'urgence.

Enfin, Woluwe-Saint-Pierre a mis à disposition un formulaire de proposition d'aide à l'adresse www.woluwe1150.be/ukraine, tandis que Woluwe-Saint-Lambert a créé une plateforme spécifiquement dédiée à la mise à disposition gratuite de logements, disponible sur le site internet de la commune www.woluwe1200.be.

Les membres de la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) ont par ailleurs déclaré se tenir prêts à accueillir les artistes ukrainiens dans leurs lieux afin de "préserver la libre expression de la culture et de défendre l'exercice des droits culturels fondamentaux".

Plus de 677.000 réfugiés ukrainiens fuyant l'invasion de leur pays par la Russie ont afflué depuis jeudi dans des pays frontaliers, selon le dernier recensement de l'ONU publié mardi soir.

Parmi eux près de 52.000 ne se sont pas arrêtés en Pologne, Hongrie, Moldavie, Slovaquie ou Roumanie et ont poursuivi leur route vers d'autres pays européens, d'après la même source.

En Belgique sur la seule journée du 28 février environ 90 Ukrainiens se sont présentés dans les bureaux des services de l'immigration à Bruxelles pour demander une protection internationale, contre 118 sur l'ensemble de 2021, selon des chiffres révélés mardi par Sammy Mahdi.