Comme toutes les autres discothèques du pays, le Carré de Willebroek (Anvers) est privé de ses mythiques soirées. Afin de palier le déficit, l'institution flamande a décidé d'ouvrir un restaurant, après avoir déjà ouvert une terrasse cet été. Et c'est justement une soirée organisée ce samedi dans le nouveau restaurant qui pose question.

Pour l'occasion, les dirigeants du Carré avaient demandé au chanteur néerlandais André Hazes d'animer la soirée. Et ce dernier a tellement mis le feu que certains invités se sont mis à danser ensemble et à se passer le micro, sans aucune protection.


"Une gifle pour le personnel de santé"

"Ces images sont une gifle pour le personnel de santé", a aussitôt réagi Peter Huyck, responsable des services techniques et des opérations à l'hôpital Onze-Lieve-Vrouw d'Alost, au Laatste Nieuws. "Ces personnes font-elles cela maintenant pour s'assurer que les admissions et les interventions non urgentes doivent à nouveau être reportées? Vous n'organisez pas ce genre d'activités à la veille de la phase 2 dans les hôpitaux".

Certains hôpitaux belges ont en effet déjà basculé en phase 2, une phase dans laquelle 60% des lits aux soins intensifs doivent être réservés aux patients covid. Durant cette période délicate, les interventions considérées comme "non urgentes" risquent d'être reportées, faute de place.

"Des critiques injustifiées"

Interrogé par Het Laatste Nieuws, le manager du Carré Tim Van Campenhoudt s'est défendu. "Cette tempête de critiques est injustifiée", a-t-il déclaré. "Sur les photos et les vidéos, vous ne voyez pas tout. Nous sommes très prudents". Il explique que des "stewards corona" sont présents et rappellent sans cesse aux invités les mesures de sécurité. Si ceux-ci ne les respectent pas, ils peuvent potentiellement être virés de la soirée. "90% des fêtards ont donc simplement levé les bras en restant assis sur leur chaise". Selon lui, le chanteur André Hazes a également rappelé à de nombreuses reprises les règles. 

De son côté, la police de Malines-Willebroek a ouvert une enquête, tout en tenant à préciser s'être rendue sur les lieux le lendemain, pour une autre soirée, et n'avoir rien constaté de problématique "mis à part une infraction mineure".