Un enfant de 7 ans, qui souffre d'un handicap mental lourd, pourrait être rescolarisé à partir du mois de septembre dans un nouvel établissement en Région bruxelloise, a appris lundi l'agence Belga auprès de la mère du garçon et du cabinet de la ministre de l'Education. 

La mère a mis fin jeudi à sa grève de la faim qu'elle avait entamée le 4 février pour dénoncer l'absence de place adaptée pour son fils. Une réunion avec la mère et le cabinet de la ministre de l'Education est prévue dans le courant de cette semaine. La mère d'un garçon handicapé de 7 ans a retiré début février son fils de l'école et du centre (dépendant de la Cocof) où ce dernier était inscrit en Région bruxelloise, après avoir découvert que les enseignants avaient recours à la contention. Selon la mère, l'école spécialisée, de type 4 (déficience physique), souhaitait voir l'enfant être réorienté vers un établissement plus adapté. Après avoir recherché en vain durant neuf mois une place pour son fils dans l'enseignement de type 2 (arriération mentale modérée ou sévère), la mère du garçon a entamé le 4 février une grève de la faim. Elle a mis fin à son action le 18 février, sur avis médical, devant s'occuper désormais de son fils toute la journée. L'absence scolaire de l'enfant est couverte par un certificat médical.

L'enfant pourrait réintégrer son école actuelle mais sa mère refuse cette solution, estimant que la confiance est rompue. La mère précise toutefois que son action de grève de la faim visait à dénoncer un système plutôt que le comportement d'enseignants qui travaillent avec les moyens mis à leur disposition. "Il faudrait proposer à nos enfants un encadrement individuel plutôt que de les attacher", indique-t-elle.

Du côté du cabinet de la ministre Joëlle Milquet, on souligne que "l'école et le centre (dépendant de la Cocof) de l'enfant accompagnent la maman dans sa recherche d'une autre solution" et "qu'en aucun cas, l'enfant n'est exclu". La place de l'enfant est conservée aussi bien dans l'école que dans le centre, dans l'attente de la fin de l'absence justifiée par le certificat médical, précise-t-on. On ajoute que l'école et l'institution sont prêtes à poursuivre leur travail avec cet enfant tant que la mère n'aura pas trouvé la solution qu'elle cherche.

Le GAMP (Groupe d'action qui dénonce le manque de place pour les personnes handicapées) dit avoir reçu depuis la médiatisation de cette grève de la faim plusieurs témoignages de parents de personnes handicapées dénonçant les mesures de contention subies par celles-ci. Pour la porte-parole du GAMP, Cinzia Agoni-Tolfo, le sujet de la contention reste tabou. Dans une recommandation adressée aux autorités, le délégué général aux droits de l'enfant et le Centre pour l'égalité des chances (devenu Unia) estiment que "la contention reste une expérience difficile à vivre pour l'ensemble des intervenants puisqu'elle porte atteinte aux libertés fondamentales de celui à qui elle s'applique".

Du côté du cabinet de la ministre Joëlle Milquet, on explique qu'une circulaire encadrant la pratique de la contention est en voie d'être finalisée pour être diffusée au sein des écoles. Cette circulaire reprend des conseils, solutions et rappel des réglementations sur base de l'avis du Conseil supérieur de l'enseignement spécialisé.

Le GAMP réclame globalement un encadrement plus important des enfants handicapés et une meilleure formation des enseignants. "Il faut proposer des méthodes éducationnelles adaptées qui ont déjà fait leur preuve. Il existe de très bonnes écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec des enseignants bien formés, mais pas suffisamment. Je ne jette en tout cas pas la pierre aux enseignants", conclut Cinzia Agoni-Tolfo.