Partout dans le pays, des pétitions réclament la disparition des statues à l’effigie du roi belge.

Une statue de Léopold II a été retirée dans le quartier anversois d’Ekeren afin d’être nettoyée et restaurée après avoir été la cible de dégradations à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, indique mardi le bourgmestre Koen Palinckx. Sa disparition pourrait être définitive.

La statue de Léopold II date de 1873 et a été installée sur une place de la banlieue anversoise en souvenir d’une visite du Roi à Ekeren. Elle a, au cours des dernières décennies, régulièrement été la cible de dégradations dénonçant probablement la préservation des statues du souverain malgré sa politique au Congo au XIXe siècle.

La critique de Léopold II, de sa politique au Congo et des statues qui le représentent, a été ravivée avec la mort de l’Afro-Américain George Floyd, mort asphyxié par un policier blanc, et les protestations massives contre le racisme institutionnel qui ont suivi.

Fortement endommagée, la statue d’Ekeren a dû être retirée pour être restaurée au Musée Middelheim d’Anvers. Il est possible qu’elle soit par la suite classée dans la collection du musée et qu’elle ne réapparaisse pas à Ekeren.

En Wallonie, une pétition réclamant le retrait de la statue de Léopold II à Arlon à reçu 300 signatures en une journée.

Le collectif à l’origine de sa pétition a précisé sa démarche : "À l’entrée du chef-lieu qu’est Arlon, l’imposante statue de Léopold II, sanglant colonisateur du Congo, accueille chaque jour les visiteurs dans notre ville avec la phrase suivante : ‘J’ai entrepris l’œuvre du Congo dans l’intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique’ . Ici, nous honorons la mémoire d’un homme qui a la responsabilité morale du massacre, de l’exploitation et de la torture d’un peuple entier à des fins mercantiles et expansionnistes. Ici, nous ne cherchons même pas à cacher les pans les plus odieux de notre héritage. Non, nous les mettons à l’honneur, aux portes de la ville, comme affront au visage de ceux qui ont souffert et qui sont morts sacrifiés sur l’autel de la colonisation. Ici, les vies des personnes de couleur ne semblent pas compter", déplore-t-il .

Une pétition similaire a également vu le jour à Bruxelles la semaine passée. Elle a récolté plusieurs milliers de signatures.