Belgique L’Union européenne exige une baisse de la consommation d’énergie de 30 % en 2030. Possible en Belgique ?

Hier, la Commission européenne a présenté le dernier volet de son projet énergie pour l’Europe. Un an après la COP21 de Paris, l’Europe se fixe l’objectif - contraignant - de réduire sa consommation d’énergie de 30 % à l’horizon 2030. En matière d’énergies renouvelables, l’Union européenne maintient son objectif annoncé voici deux ans : au moins 27 % de la production d’énergie doit être renouvelable, toujours d’ici 2030. Ambitieux ? Pas pour de nombreuses ONG spécialisées dans le secteur qui regrettent que l’objectif renouvelable n’ait pas évolué.

En Belgique , les trois régions affichent des objectifs plus ambitieux en matière de renouvelable et de baisse des émissions de gaz à effet de serre. De son côté, le fédéral n’a toujours pas dévoilé son grand plan climat. Ces objectifs sont-ils réalistes au regard des plans en discussion ? Pour y parvenir, la Belgique doit cesser de se fournir via la combustion fossile. Dans une note présentée lors de la COP21, le chercheur à l’ULg Damien Ernst pose trois alternatives à la fin du charbon : le nucléaire, le solaire et l’éolien. On le sait, le nucléaire belge, c’est terminé dans dix ans. Reste donc le vent et le soleil. La biomasse aussi mais elle est trop chère, à l’échelle industrielle en tous les cas.

Cette année, le coût de l’éolien oscille entre 60 euros et 140 euros du MWh. Les éoliennes terrestres sont moins chères que les offshore mais la place manque tandis que la rentabilité d’une éolienne terrestre est moindre. Néanmoins, les coûts sont en baisse. Le solaire coûte à peu près le même prix mais sa productivité dépend, logiquement, de la météo. Par contre, les coûts diminuent rapidement. Désormais, une installation solaire pour un ménage de taille moyenne ne dépasse pas les 10.000 euros et est amortie en 6-7 ans.

Voici quelques années, dans un rapport sur les engagements à mener pour réduire les émissions de carbone en Belgique, le SPF Environnement a mis sur pied plusieurs scénarios, aux ambitions différentes. Ces scénarios balaient les efforts à mener dans le secteur des transports, du bâtiment, de l’industrie, de l’agriculture et de l’électricité. En matière de transport, l’objectif le plus ambitieux vise à faire en sorte que 80 % du parc automobile belge soit composé de voitures électriques et/ou hybrides. Les bâtiments devront quant à eux voir leur consommation de chauffage diminuer de 57 %. Une autre piste, liée au secteur agricole, préconise que les Belges mangent quasi moitié moins de viande en 2050.

Les exemples sont légion. Ils passent tous par une économie d’énergie, comme l’impose l’Union européenne. "Un défi de taille mais techniquement possible à réaliser sans nécessairement affecter le niveau de production industrielle", commente un autre rapport sur les impacts macroéconomiques de la transition bas carbone en Belgique, publié en octobre de cette année. À terme et si elle est réussie, cette "transition est susceptible de mener à une création nette d’emplois en Belgique, de l’ordre de 800.000 emplois en 2030, par rapport à un scénario à politique inchangée." "C’est dans la construction que le plus grand nombre de nouveaux emplois directs est attendu." Le secteur de l’industrie devrait lui aussi en profiter.

Qui dit emplois dit recettes publiques. Celles-ci sont estimées à environ 3,5 milliards d’euros par an en 2030 si l’on prend le scénario moyen.

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