Les chiffres des contaminations et des hospitalisations repartent à la hausse en Belgique. Si l'augmentation reste actuellement raisonnable, elle n'en inquiète pas moins les experts de la santé qui tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs semaines concernant les variants du coronavirus. Ils sont nombreux à avoir pris la parole ce week-end pour demander que les Belges soient vigilants et respectent scrupuleusement les mesures en vigueur. Pour le professeur Herman Goossens (UAntwerp), la question n'est plus actuellement de tenter d'éviter une troisième vague. "Je pense que nous sommes arrivés à cette fameuse troisième vague, a-t-il estimé sur le plateau de VTM. Mais nous pouvons la limiter si nous suivons attentivement les règles sanitaires. Sinon ce sera un drame et nous devrons faire face à ce virus beaucoup plus longtemps - jusqu'en avril ou mai."

Le professionnel de la santé a expliqué que la Belgique se trouvait actuellement à un moment décisif. "On peut entendre de tous les côtés - que ce soit chez les généralistes, dans les centres de triage, dans les hôpitaux...- que les contaminations augmentent. On assiste à des flambées dans les écoles , surtout à cause du variant britannique. On sent qu'on est arrivé à un tournant", a-t-il ajouté. Les semaines à venir seront donc déterminantes quant à l'ampleur que prendra cette vague, selon Herman Goossens.

Une "explosion" de cas liés au variant britannique

Concernant le variant britannique, le professeur pronostique une "explosion" des cas, d'ici un mois. De quoi pousser les autorités à adopter des mesures supplémentaires ? L'expert n'a pas voulu se prononcer sur le sujet. "Ce sont des décisions politiques", a-t-il expliqué sur le plateau de VTM. Le professionnel de la santé a reconnu toutefois que la situation devenait pesante et qu'il était normal que les Belges en avaient marre. "J'en ai marre moi-même, a-t-il conclu. Mais nous n'avons pas le choix. (...) Il nous faudra encore tenir bon pendant un ou deux mois, même si cela est difficile à dire."

Interrogée sur RTL, l'infectiologue Erika Vlieghe a également estimé que les risques d'une troisième vague étaient "réels". "Et pas seulement à cause du variant", a détaillé la présidente du GEMS. Selon Mme Vlieghe, certains problèmes relatifs aux comportements des Belges demeurent. "Le virus emploie toujours les situations qui ne sont pas sécurisées comme les contacts trop proches ou pas à l’extérieur", a-t-elle ajouté. Elle a également mis en garde face au variant sud-africain. "Il y a des rapports préliminaires qui indiquent que l'efficacité des vaccins serait moins bonne, nous devons encore étudier cela", a-t-elle alerté.