L'épidémiologiste Catherine Hill a déclaré que les jeunes étaient un "vecteur caché" de l'épidémie. Leur rôle sera crucial dans l'évolution de la crise sanitaire. 

Les spécialistes ne cessent de le répéter: la pandémie de coronavirus est loin d'être derrière nous. Appelant les citoyens à rester prudents, les autorités sanitaires tentent de juguler l'afflux de nouveaux cas à travers le monde. La contagion du coronavirus a pourtant atteint des niveaux records. Les sept derniers jours ont été les pires en terme d'infections au Covid-19 depuis que la crise sanitaire a éclaté en Chine. Mais, contrairement à ce que l'on observait au début de la pandémie, les jeunes sont cette fois particulièrement touchés. Et le phénomène est observé sur différents continents où l'âge moyen des personnes contaminées a diminué. 

Dans certains Etats américains, on a constaté notamment que la catégorie des 15-44 ans comptait près de la moitié des cas de coronavirus recensés dernièrement. En Floride, le gouvernement a expliqué assister à une "explosion" des infections de citoyens "jeunes". Mais les Etats-Unis ne sont pas les seuls concernés. Colombie, Suède... sont autant d'autres pays qui ont vu les statistiques évoluer et la population jeune être davantage touchée. Interrogée par L'Express, l'épidémiologiste Catherine Hill a tenté d'expliquer ce rebond épidémique davantage centré sur les nouvelles générations. “Maintenant que le nombre de tests augmente, on va forcément trouver plus de jeunes positifs. Comme ils n’étaient pour la plupart pas symptomatiques, ils n’étaient pas testés", a-t-elle estimé. En effet, de nombreux pays avaient dû restreindre l'accès aux examens en raison de la faible capacité de testing à l'époque. Les jeunes, moins dépistés, étaient donc moins présents dans les statistiques. 

Mais si l'augmentation de la capacité de testing peut justifier en partie cette hausse de cas dans les nouvelles générations, elle n'en est pas la seule cause. Dans certains pays, les jeunes ont été davantage à même de mettre de côté les mesures sanitaires. Fêtes, rassemblements sur les plages, alcool... Plusieurs localités ont tiré la sonnette d'alarme quant au comportement jugé dangereux des jeunes. "Ils sont un vecteur caché de l'épidémie", a conclu Catherine Hill dans L'Express. L'épidémiologiste a ainsi estimé que les nouvelles générations allaient jouer un rôle crucial à l'avenir, pouvant être à l'origine d'une seconde vague.