Belgique

Après la dissolution il a dix jours du Parti Populaire et la retraite politique de son leader Mischaël Modrikamen, l'espace politique à la droite du MR vient d'entamer une phase de recomposition, laquelle pourrait déboucher d'ici septembre sur la création d'un nouveau parti.

Avec en ligne de mire les quelque 150.000 voix qui se sont éparpillées entre différentes formations de droite le 26 mai dernier en Wallonie et à Bruxelles, l'ancien député fédéral PP Aldo Carcaci, non réélu, vient en effet d'adresser un appel du pied aux dirigeants respectifs de La Droite, ainsi que de Valeurs Libérales Citoyennes (VLC), deux dissidences du PP. Objectif: combler le vide politique laissé par la disparition du parti de l'avocat d'affaires.

Le patron de La Droite, Aldo-Michel Mungo, en conflit ouvert avec Mischaël Modrikamen lorsqu'il dirigeait encore le PP, n'a pas traîné à répondre favorablement à l'invitation. L'été sera ainsi mis à profit pour discuter d'un rapprochement.

Un congrès fondateur est déjà envisagé en septembre prochain. Il devrait servir à choisir un nom pour la nouvelle formation, élire sa direction et valider quatre ou cinq lignes de force programmatiques.

En additionnant les 75.000 voix décrochées par le PP aux 15.000 recueillies par La Droite, et en y ajoutant les 18.000 voix wallonnes qui sont allées au Vlaams Belang et les 20.000 au Collectif Citoyen en mai dernier, les initiateurs de ce rassemblement des droites pensent pouvoir décrocher l'un ou l'autre élu lors des prochaines élections.

Ceux-ci se disent même ouverts à discuter avec les cadres des partis d'extrême-droite Nation et Agir (18.000 voix ensemble). "Il ne faut pas condamner les gens a priori", plaide-t-on. "Mais s'ils campent sur les idées néo-nazies, il est évident qu'on ne discutera pas avec eux".

Un obstacle pourrait toutefois entraver ce projet de vaste union des droites. Les anciennes Listes Destexhe (42.000 voix), rebaptisées la semaine dernière "Libéraux Démocrates" et désormais emmenées par Claude Moniquet, ne veulent absolument pas en entendre parler.

"Une union des droites n'est pas quelque chose qui nous intéresse parce que c'est un vocable qui sert en réalité à désigner l'extrême-droite. Or, nous ne sommes pas d'extrême-droite. Il est donc hors de question pour nous de nous unir avec ces gens. On va les laisser s'amuser entre eux...", assure Claude Moniquet, lequel présente son parti comme le pendant belge du parti français Les Républicains (LR).

"Par contre, si d'anciens militants du PP, sur une base individuelle, veulent nous rejoindre sur base de nos valeurs, alors on examinera les choses au cas par cas", conclut-il.