Le Comité de concertation, prévu le 26 mars, a été avancé au 19 mars sous la pression de Frank Vandenbroucke. Dans la foulée, ce dimanche, les ministres de l’Enseignement ont annoncé de nouvelles mesures concernant les écoles . Mais l’arsenal de nouvelles mesures prises reste pour l’heure modéré.

Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, a jugé ces mesures “intéressantes et importantes” dans l’émission “De Ochtend” sur la VRT. Il s’est toutefois dit “très inquiet de ce qui se passe”, avec de derniers chiffres en Belgique pas rassurants. “Par exemple, 426 personnes ont été admises dans les hôpitaux ce week-end. C’est un petit hôpital qui est rempli de patients du Covid. Le week-end dernier, il y a eu 353 entrées et le week-end précédent 263”, a détaillé le socialiste flamand. “Si nous voulons rouvrir complètement et définitivement les écoles après les vacances de Pâques et si nous voulons rouvrir le secteur de la restauration le 1er mai, nous devons mettre le paquet et faire tout ce qui est en notre pouvoir”.

"Insuffisant", aux yeux de Frank Vandenbroucke

Selon nos informations, les mesures actuelles sont toujours jugées insuffisantes par Frank Vandenbroucke dans l’objectif de rouvrir les écoles après Pâques et l’Horeca le 1er mai. Le ministre de la Santé est partisan de mesures plus strictes.

À quoi s’attendre ? Le commissaire Corona Pedro Facon a été chargé de remettre un rapport sur l’effet des nouvelles mesures décidées dans l’enseignement. Les experts se sont déjà mis au travail et le rapport est attendu rapidement, sans doute ce lundi ou mardi.

La situation est suivie de très près par le 16, avec une accélération des contacts téléphoniques ce lundi, depuis le retour des commémorations des attentats du 22 mars. Ces dernières heures, les contacts entre Alexander De Croo, les vice-premiers et les ministres-présidents des entités fédérées sont continus et étroits. “Les chiffres sont suivis de très près”, nous indique-t-on dans l’entourage du Premier ministre. “Leur niveau actuel nous oblige à être extrêmement vigilants. L’enjeu des prochains jours sera de prendre la bonne décision au bon moment. Si la situation l’exige, nous agirons rapidement.”

Le 16 refuse de se prononcer sur une date précise. Selon nos informations, le Premier ministre préférera ne pas attendre la fin de la semaine pour convoquer le Comité de concertation le cas échéant. Or, un Conseil européen qui mobilisera Alexander De Croo se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. La date de mercredi apparaît donc comme la plus probable pour un Codeco si la situation sanitaire le nécessite.


Vers un court mais intense lockdown ? Pas impossible

Si ce Codeco est convoqué d'urgence, ce ne sera pas pour prendre des demi-mesures. La fermeture des écoles avant les vacances de Pâques, ainsi que des mesures issues du plan B (fermeture des métiers de contact, des centres commerciaux etc.) risquent d'être sur la table. En résumé: un court mais intense lockdown, tel que le préconise Marc Van Ranst, notamment.

Mais est-ce nécessaire à ce stade?

Les chiffres sont jugés préoccupants par le gouvernement. Pour l’instant, l’évolution suit la courbe médiane annoncée dans les modèles mathématiques, avec toutefois une semaine d’avance. On se situe sur une ligne de bascule où on peut encore espérer soit maintenir la courbe soit se trouver face à une exponentielle”, nous indique une source gouvernementale.

Deux éléments doivent encore être éclaircis : pour l’instant, les contaminations augmentent plus vite que les entrées aux soins intensifs. Or, l’objectif numéro un reste d’éviter leur saturation. Secundo : la tranche d’âge des 0-19 ans est particulièrement contaminée récemment. Est-ce lié à la forte augmentation des tests ? Malgré les mauvaises nouvelles chiffrées, l’espoir d’éviter une troisième vague existe encore. Mais les prochains jours seront décisifs pour évaluer la situation.

Reste que l’impact d’un troisième lockdown serait gigantesque. Au sommet de l’État, personne (hors Frank Vandenbroucke) n’a très envie de prendre cette responsabilité à moins que sa nécessité ne devienne absolument indiscutable.