"Le Comité de concertation a opté pour une douleur de courte durée: quatre semaines de mise sous cloche", a présenté Alexander De Croo (Open Vld), ce mercredi 24 mars. Cette période d'efforts intenses a été jugée comme "indispensable" par les autorités pour reprendre le contrôle d'une situation épidémiologique qui nous échappe. Mais ces mesures seront-elles réellement suffisantes pour inverser les tendances rapidement ? C'est ce qu'ont l'air de penser la plupart des experts, même si certains ont toutefois tenu à nuancer le propos.

"Cela dépend de nous tous et de la façon dont nous appliquerons ces règles", a estimé l'infectiologue Erika Vlieghe (UAntwerpen) sur Radio 1. Si la présidente du GEMS a espéré que les nouvelles mesures inverseront la tendance, elle n'en a pas moins insisté sur la nécessité de faire baisser les courbes. "Les hôpitaux se remplissent rapidement, a-t-elle mis en garde. (...) On ne peut pas continuer comme cela, car dans quelques semaines il n'y aura plus de lits pour d'autres patients. Il y a très peu de marge de manoeuvre."

Deux choses qui vont nous aider

L'intensiviste Geert Meyfroidt a ajouté quant à lui un aspect tout aussi important que le respect des mesures pour que ces dernières puissent rapidement changer la donne: leur moment d'entrée en vigueur. "À cet égard, nous avons été légèrement plus rapides que lors de la seconde vague", a-t-il ajouté, optimiste, sur Radio 1.

Il a également souligné "deux choses qui pourraient jouer en notre faveur". "D'une part, il y a l'effet du printemps et du beau temps. Nous n'avons aucun contrôle là-dessus, mais cela a certainement un effet sur la propagation du virus. La deuxième chose, c'est la vitesse de la vaccination", a détaillé M. Meyfroidt.

"Aucune marge quand la situation s'aggrave"

Le porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht, s'est quant à lui montré plus mitigé quant aux seuils que les mesures nous permettront d'atteindre. "Je ne sais pas si nous allons réussir à suffisamment faire baisser la courbe", a regretté le virologue sur le plateau de la VRT. "On peut comparer ces règles avec celles du second confinement en novembre. Les chiffres ont fortement baissé au début, mais ensuite nous sommes restés coincés à un niveau élevé. On n'est jamais vraiment descendu en dessous de ce plateau et c'est dommage car on n'a dès lors aucune marge quand la situation s'aggrave."

Même son de cloche du côté de Marc Van Ranst . Le virologue de la KULeuven a insisté sur le fait que le plateau qu'on atteindra après cette "troisième vague" devra se trouver à un niveau plus bas que ce que l'on a connu jusqu'alors. Quant au moment où l'on parviendra à ce plateau, il a préféré ne pas se prononcer. "C'est difficile de dire combien de semaines il nous faudra", a conclu l'expert. "C'est mieux de ne donner aucune échéance. il faut d'abord regarder les chiffres."