Le fameux baromètre Covid, destiné à informer le plus clairement possible la population belge de l'état de l'épidémie sur notre territoire, aurait dû être présenté ce vendredi 16 octobre, suite à un comité de concertation très long, et qui a accouché des mesures les plus strictes depuis le confinement - fermeture totale de l'Horeca, couvre-feu instauré dès 0h et jusqu'à 5h du matin. Mesures auxquelles les Belges devront se soumettre pour endiguer la galopante vitesse à laquelle l'épidémie de coronavirus se propage dans notre Royaume.

Seulement voilà : le baromètre reste en "cours de finalisation". Néanmoins, Frank Vandenbroucke, notre ministre de la Santé, a confirmé que nous étions entrés dans la phase d'alerte maximale (la phase 4) de ce baromètre. 

Surréalisme à la belge, où l'on nous place donc dans la phase la plus inquiétante d'un baromètre - promis depuis plusieurs semaines -  qui, officiellement, n'existe pas.
 
Développé par la Celeval et mitonné par Pedro Facon (en photo d'illustration), notre nouveau "commissaire Corona", ledit baromètre avait, pour rappel, été annoncé par l'ex-Première Sophie Wilmès lors de son dernier CNS, le 29 septembre dernier.

Les autorités considèrent cet outil comme crucial : c'est lui qui va régir le niveau d'alerte, et la façon dont nos quotidiens devront s'articuler, durant les nombreux mois que la crise nous réserve encore.

Afin d'éviter la confusion avec les codes couleurs de l'Enseignement ou des zones de voyages autorisés ou déconseillées, ce baromètre n'est pas structuré selon différentes couleurs, mais bien selon 4 niveaux d'alerte. Nos confrères de la RTBF en ont livré les principales bases. Les voici, bien qu'elles n'aient pas encore été officialisées par les autorités.

  • Niveau 1 : aucune circulation du virus. "Ce niveau ne peut être atteint que lorsqu’il existe une immunité de groupe grâce à un vaccin efficace et accessible au public".

  • Niveau 2 : alerte moyenne, le virus circule, mais faiblement. Ce niveau permet "d’organiser le plus possible une vie normale dans l’enseignement, l’économie et la société pendant que les soins sont poursuivis dans tous leurs aspects et ne sont pas perturbés par la prise en charge des nombreux patients COVID-19." Il est assimilable à la situation vécue au coeur de l'été.

  • Niveau 3 : alerte grave. La circulation du virus s’accélère, ce qui cause "une charge importante sur tout le système des soins de santé." On peut le relier à la situation lors de la première prise de parole du nouveau Premier ministre Alexander De Croo et son ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, le 6 octobre.

  • Niveau 4 : alerte très grave. C'est le niveau maximal, "intense", avec une "très forte pression sur le système des soins de santé à cause d’une saturation rapide de la capacité hospitalière et de la première ligne, y compris le testing et le contact tracing. Cette situation crée une spirale dangereuse et cause un impact important sur la société et l’économie." C'est, semble-t-il, la situation actuelle. 

Qu'est ce qui différencie, dans notre quotidien, les différents niveaux d'alerte ?

Commençons par ce qui est commun à tous les niveaux : on parle ici des gestes barrière. Ils doivent tous être maintenus à l'exception du respect de la distance d'1,5 m (ou du port du masque si cette distanciation est impossible). Cette mesure, impérieuse aujourd'hui, pourra être délaissée le jour où nous passerons au seuil d'alerte 1. Pour le reste, voici les principales différences entre les 4 niveaux.

Niveau 2 : Alerte moyenne

  • Contacts sociaux : chaque individu est autorisé à s'affranchir des gestes barrière avec 5 personnes par mois (hors ménage, bien entendu). C'est la bulle des 5.
  • Télétravail : il est, à ce stade, seulement officiellement "recommandé".
  • Rassemblements : en privé, vous pouvez vous rassembler jusqu'à 10 (un repas à la maison, un pic-nic au parc, etc.). En public, les rassemblement organisés doivent garantir un espace de 2,5 m2 par individu.

Niveau 3 : Alerte grave

  • Contacts sociaux : chaque individu est autorisé à s'affranchir des gestes barrière avec 3 personnes par mois. C'est la bulle des 3.
  • Télétravail : il est, à ce stade, "strictement recommandé".
  • Rassemblements : en privé, vous pouvez vous rassembler jusqu'à 4 (un repas à la maison, un pic-nic au parc, etc.) par réunion. En public, les rassemblement organisés doivent garantir un espace de 4 m2 par individu.

Niveau 4 : Alerte très grave

  • Contacts sociaux : chaque individu est autorisé à s'affranchir des gestes barrière avec... 1 seule personne par mois. C'est la bulle de... 1.
  • Télétravail : il serait, à ce stade, "obligatoire si possible", selon l'appellation (sémantiquement curieuse) arrêtée par nos autorités.
  • Rassemblements : en privé, vous pouvez vous rassembler jusqu'à 4 (un repas à la maison, un pic-nic au parc, etc.), comme au stade 3, sauf que ces 4 "jokers" devront rester les mêmes tout au long du mois. En public, les rassemblement organisés, pour peu qu'ils soient autorisés, doivent garantir un espace de 10 m2 par individu.

Comment décidera-t-on de monter ou descendre de niveau d'alerte ?

Comment nos autorités décident de monter ou descendre de niveau d'alerte ? Ce sont les marqueurs de la propagation de la maladie qui les guident. En l'occurrence le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas positifs sur 100.000 habitants rapporté lors des deux dernières semaines), le taux de positivité (combien de tests Covid sont positifs par rapport au nombre total de tests effectués), ou encore le nombre d'hospitalisations Covid par 100.000 habitants recensé.

La phase 4, celle dans laquelle nous nous nous situons, se déclenche à partir d'un taux d'incidence des contaminations de 400/100.000 (nous sommes actuellement à 550), d'un taux de positivité supérieur à 6% à l'échelon national (nous sommes à plus du double, en ce moment !) et d'un taux d'incidence des hospitalisations supérieur à 14/100.000 (ici encore, nous sommes actuellement largement au-dessus).