Saut d'index, pension à 67 ans à l'horizon 2030 et service d'intérêt général pour les chômeurs sont les mesures les plus commentées. Mais d'autres sont déjà connues.

Au cours de la journée, au gré des fuites et des interventions des partenaires de la future majorité, de nombreux points de l'accord gouvernemental qui sera dévoilé dans les prochains jours - après sa relecture finale prévue ce mercredi - ont été révélés. Voici ce que l'on sait déjà des mesures qui seront prises par le gouvernement Michel I:

La pension à 67 ans à l'horizon 2030 : C'était l'annonce-phare du début de journée. L'âge légal passera progressivement à 66 ans en 2025 et à 67 ans en 2030. La décision constitue une surprise car aucun parti n'a inscrit cette revendication dans son programme. Le MR avait insisté sur le fait qu'on ne toucherait pas à l'âge légal. C'est la N-VA qui a fait du relèvement de l'âge une exigence. Ce ne sera pas pour cette législature, c'est une mesure à long terme, pour les générations futures. Il fallait à un moment résoudre ce problème de pensions qui allaient devenir impayables, justifie-t-on dans les rangs réformateurs.

Allonger les carrières : Outre l'âge légal, des mesures seront également prises pour rallonger les carrières. Il est question de décourager les départs anticipés à la retraite. Un cadre transitoire sera prévu pour les personnes qui atteindront prochainement l'âge de départ actuellement autorisé. Celui qui atteindra l'âge de 58 ans en 2016 devra travailler 2 années supplémentaires. Celui qui aura 59 ans ou plus en 2016 devra travailler une année de plus. Un cadre transitoire spécifique est prévu pour le problème soulevé par la police. Le régime spécial pour les ex-gendarmes a en effet disparu à la suite d'un arrêt de la Cour constitutionnelle. Les policiers avaient manifesté à Bruxelles il y a quelques jours.

Travailler après sa carrière : Le deuxième pilier de pensions (assurance complémentaire via les entreprises) sera élargi. Les travailleurs indépendants pourront bénéficier du deuxième pilier. Il y aura également un assouplissement des règles permettant de travailler moyennant un salaire illimité après une carrière complète.

Crédit-temps et congé parental étendus : Il est notamment question d'élargir de 12 mois le crédit-temps, singulièrement pour les soins palliatifs et la garde des enfants malades (jusqu'à huit ans). Le congé parental serait également étendu.

La dégressivité des allocations de chômage reste intacte, mais… : On ne touche pas à la dégressivité des allocations de chômage mais un service d'intérêt général sera instauré (deux demi-jours par semaine) pour les chômeurs de longue durée. Il sera optionnel mais si le demandeur d'emploi accepte d'y contribuer, il sortira du régime de dégressivité. On évoque également une activation de bénéficiaires de l'assurance invalidité. L'annualisation du temps de travail se trouvera également dans l'accord de gouvernement.

Le saut d'index : C'est l'autre grande mesure dévoilée ce mardi. Dans l'air depuis plusieurs années, le fameux saut d'index aura bien lieu. Mais il sera"socialement corrigé" a précisé Charles Michel. "Nous épargnons les personnes qui ont des bas revenus, et nous augmenterons également les mesures de protection sociale." Sur le plateau de la VRT, Bart De Wever a également défendu la mesure: "Votre salaire va rester le même pendant un petit temps mais les prix n'augmentent pas, ils diminuent. Cela n'aura pas d'influence négative, et c'est une manière de pouvoir gagner énormément d'argent sur les coûts salariaux." Le principe même de l'indexation automatique des salaires reste cependant en vigueur.

Le "Plan emploi" : Un "plan emploi" est annoncé en concertation avec les Régions. Il y est question de baisses de charges, de formation continue, de valorisation de l'expérience professionnelle, de chômage des jeunes, et de renforcement des carrières pour les groupes vulnérables.

Les heures supplémentaires dans l'Horeca : Le total d'heures supplémentaires autorisées dans le secteur hôtelier passe de 180 à 360 heures par an.

Lutte contre la discrimination au travail : Un parcours d'intégration doit aider les personnes handicapées sur le marché du travail. Une attention particulière sera également portée sur des conditions de travail égalitaires pour les femmes, les personnes issues de l'immigration ou les personnes handicapées.

Compétitivité : Une somme de 3 milliars et 600 millions d'euros sera consacrée à la compétitivité des entreprises.

L'équilibre budgétaire en 2018…avec moins d'impôts : Les partis de la coalition suédoise comptent atteindre l'équilibre budgétaire à l'horizon 2018. Les efforts seront principalement axés sur une réduction des dépenses dans le "mode de vie de l'État" a déclaré Charles Michel. Bart De Wever ajoute les impôts diminueront de 400 millions d'euros.

Le nucléaire : Les centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2 seront maintenues ouvertes pour dix années supplémentaires, jusqu'en 2025. Les partis de la coalition reviennent donc sur la décision prise par le gouvernement Di Rupo de les fermer en 2015. En outre, la porte est ouverte pour la création d'une toute nouvelle centrale sur le territoire belge.