Le rail fait face à un nombre record de vols et réfléchit à de nouvelles solutions.

Les vols de câbles le long du rail sont devenus un véritable enfer pour Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure du réseau des chemins de fer belges. D’importantes perturbations ont (encore) été enregistrées jeudi matin entre Liège et Bruxelles en raison d’un vol de 700 mètres de câbles sur la ligne à grande vitesse 2.

Une information qui pourrait paraître banale tant les vols de câbles en cuivre sont fréquents ces derniers temps. En effet, depuis le 1er juin, on ne compte pas moins d’un vol par jour, voire deux, le long des voies ! "Et entre le mois de juin et maintenant, il y a eu plus de vols commis que sur toute l’année 2017. Et il faut savoir que le coût engendré pour un vol de câbles s’élève à environ 20.000 euros", rapporte Arnaud Reymann, porte-parole d’Infrabel.

La note finale est donc salée depuis le mois d’août. Elle représente pas moins de 2 millions d’euros pour Infrabel. Si la matière première à remplacer entraîne un coût important, le fait d’envoyer des équipes de manière quotidienne engendre également des frais non négligeables.

Ces vols ont aussi un impact sur la ponctualité globale des trains et donc le quotidien du navetteur. Sur cette période, le gestionnaire du réseau a enregistré plus de 23.000 minutes de retard sur les trains de voyageurs, rien que pour les problèmes de vol.

Et la situation est devenue tellement intenable qu’Infrabel pense à recourir à des drones pour dissuader les voleurs.

Mais pour le moment, il est impossible d’effectuer des interpellations sur le plan légal. C’est pour cette raison que le gestionnaire du réseau ferroviaire négocie avec la police et le gouvernement.

"On travaille avec eux pour que la loi change. C’est en négociation. On espère qu’on pourra utiliser cette méthode. On souhaite vraiment que la loi évolue et nous permette de faire voler des drones au-dessus des zones les plus propices aux vols", indique Arnaud Reymann.

Avec des hélicos et maintenant des drones, la gendarmerie et la SNCF luttent de concert depuis plusieurs années contre les vols de câbles en France et mènent désormais des exercices communs pour lutter contre ce phénomène, qui entraîne tout de même 2.500 heures de retards de trains chaque année.

Peut-être que cette méthode sera donc bientôt appliquée chez nous, pour le plus grand soulagement d’Infrabel (et des navetteurs). Affaire à suivre.

"Nos équipes sont à bout de souffle"

Derrière les vols de câbles, il y a des hommes et des femmes qui interviennent chaque jour pour remettre en état le rail le long des voies, et avec ce rythme affolant d’un vol par jour, "même si jeudi soir il n’y en a pas eu, ce qui est exceptionnel vu la période", note Arnaud Reymann, porte-parole d’Infrabel, la cadence commence à être dure à tenir. "Ce n’est vraiment pas tenable pour le personnel. Nos équipes sont à bout de souffle, les gens n’en peuvent plus, surtout que pour certaines fonctions, nous sommes en pénurie de main-d’œuvre."

Depuis trois mois, les équipes doivent effectuer des réparations en urgence, souvent très tôt le matin, et sont au nombre de dix personnes en moyenne. Entre-temps, Infrabel avait tenté de couler les fameux câbles dans du béton pour dissuader les voleurs, mais ça ne les avait quand même pas empêchés de les voler.

Et en plus, cette technique compliquait le travail du personnel. "L’entretien du réseau ferroviaire fait que nous sommes obligés de travailler régulièrement le câblage, nous devons donc les laisser un minimum accessibles", conclut Arnaud Reymann.