Belgique

Le PTB, principal parti d'opposition en Wallonie, demande samedi la convocation d'urgence d'une commission des pouvoirs locaux après la révélation de la vente secrète, depuis le mois de mai, du télédistributeur Voo par le groupe Nethys au fonds d'investissement américain Providence. 

La formation de gauche appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités sans délais. Une offre liante pour la vente du télé-distributeur Voo a été signée un peu avant le 24 mai par le groupe Nethys avec le fonds d'investissement américain Providence, selon les informations du Soir. L'accord prévoit la cession de 50% plus une action de Voo à Providence.

Sollicité, le porte-parole de Nethys n'a pas souhaité commenter l'information.

"Comment est-ce possible que Voo puisse être vendu sans que la ministre de tutelle, Valérie De Bue, soit au courant?", s'interroge Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement de Wallonie. Il demande dès lors la convocation d'urgence d'une commission des pouvoirs locaux afin d'entendre la ministre. En principe, une telle commission pourrait se tenir dans les quatre jours, avance-t-il.

Cela alors que le représentant du parti d'extrême gauche au conseil d'administration de l'intercommunale Enodia (ex-Publifin) s'est vu refuser l'entrée de la réunion qui se déroulait ce samedi matin et qui allait évoquer en urgence cette transaction, selon celui qui est également porte-parole francophone du PTB.

Pour Germain Mugemangango, Valérie De Bue exerçait la tutelle sur l'intercommunale. "Donc soit elle était au courant de cette transaction secrète et elle doit alors s'en expliquer. Soit elle n'était pas au courant et elle n'a donc aucun contrôle sur ce qui se déroule au sein de cette intercommunale alors qu'elle avait un devoir de contrôle."

Dans la déclaration de politique régionale, le nouveau gouvernement PS-MR-Ecolo dit vouloir laisser encore six mois à Enodia-Nethys pour appliquer les recommandations de la commission d'enquête avant d'y envoyer un commissaire du gouvernement. "Le gouvernement doit se réveiller: si ce délais de six mois était déjà incompréhensible, après les agissements révélés hier, il est devenu inacceptable", lance le PTB, évoquant "un véritable braquage d'une entreprise publique".

Le nouveau ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a indiqué vendredi que "si l'information est avérée", il analysera "les conditions dans lesquelles l'opération de cession a été réalisée, au regard des intérêts des actionnaires publics".