L’explosion mortelle d’un obus près d’Ypres a eu lieu à proximité des lignes de front des plus importantes batailles de la Première Guerre mondiale en Belgique, comme la bataille de l’Yser (du 17 au 31 octobre 1914) et la première bataille d’Ypres (du 29 octobre au 24 novembre 1914).

Les combats ont été particulièrement violents dans ce secteur, où s’affrontaient les troupes allemandes et les britanniques, alliées aux Français. Des milliers de tonnes d’engins explosifs ont été tirées par les deux camps.

Le champ de ruines abrite encore aujourd’hui de nombreuses quantités de munitions qui ont mal fonctionné et qui sont prêtes à exploser.

La région d’Ypres a été réinvestie par les fermiers dès 1920, à l’inverse de la France, qui avait désigné des zones rouges, d’après Piet Chielens, coordinateur du Musée In Flanders Fields. Chez nous, seul un bois au pied du mont Kemmel est resté vierge.

Grâce à l’armée britannique, aux Chinois et à des prisonniers allemands, le terrain a été nettoyé, mais uniquement en partie, comme l’ont montré les accidents impliquant des paysans qui labouraient leurs champs. Des firmes ont alors fait fortune en revendant la ferraille déterrée, comme Vandebroucke ou Metaalwaren VDB.

"La zone du Westhoek est celle où on retrouve le plus d’engins explosifs, ce qui n’est pas un hasard puisqu’il s’agit d’une zone où la guerre de tranchées a fait rage", explique Olivier Severin, porte-parole de la Défense. À l’approche des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, ce sont également des zones où les touristes seront nombreux à se rendre. Mais la défense se veut rassurante. "Ces zones vont faire l’objet de recherches d’engins explosifs avant que n’aient lieu les commémorations. C’est une mesure de précaution que nous prenons toujours avant de faire venir le public dans une zone qui pourrait présenter un risque. Ce nettoyage préliminaire garantira la sécurité de tous. Il ne faut donc pas nourrir une psychose suite à un accident malheureux qui reste extrêmement rare."