Yves Coppieters s'est livré, lors d'un entretien chez nos confrères de 7sur7, sur sa vision actuelle de la pandémie en Belgique. Selon lui, nous devons changer notre stratégie face au virus. Un relâchement des mesures dans certains secteurs est une chose qu'il faut mettre en place, tout en gardant évidemment un protocole très stricte. La réouverture des coiffeurs ce week-end est d'ailleurs une très bonne nouvelle pour l'expert. " Un an après l’éclatement de l’épidémie, on ne peut plus se permettre de ne pas prendre ce risque-là. La situation devient intenable sur le plan social, économique, etc", confie-t-il.

Yves Coppieters est persuadé que si les gestes barrières sont scrupuleusement respectés par la population, une grande partie des secteurs pourront progressivement reprendre leurs activités sans que cela ait une incidence directe sur les nouvelles contaminations. Il pense notamment à la culture et au sport en extérieur, une manière du stimuler le moral de la population, de l'encourager à poursuivre ses efforts et d'apprendre à vivre avec le virus.

Le seuil des 800 contaminations est à revoir

Depuis plusieurs semaines, on constate une certaine stabilité dans les chiffres de l'épidémie, mais ces chiffres restent encore bien éloignés du seuil des 800 contaminations par jour fixé par le gouvernement. "Ce chiffre a été décidé avant l’arrivée des variants et ne tenait pas compte de l’évolution de la vaccination qui est censée diminuer la propagation des transmissions. C’est un seuil complètement obsolète", explique l'épidémiologiste. Selon lui, ce sont surtout le taux de reproduction et les hospitalisations qui sont des indicateurs à surveiller pour rendre compte efficacement de la situation épidémiologique en Belgique.

Comme beaucoup d'autres spécialistes,Yves Coppieters mise sur la vaccination pour sortir notre pays de la crise sanitaire. Malheureusement, le retard dans les livraisons des doses ralentit le processus. Si la Belgique est tributaire des fournisseurs, l'expert regrette néanmoins le comportement de nos autorités face au problème. "Je ne pointe pas le fait que les vaccins n’arrivent pas, mais l’attitude attentiste des autorités politiques face à ce problème. On ne peut pas simplement dire qu’on est tributaire des distributeurs. Avec l’argent public, on ne peut pas faire n’importe quoi", déplore-t-il.