Yves Coppieters s'est aujourd'hui interrogé sur une  récente étude de Sciensano sur l'incidence du Covid 19 par secteur d'activité professionnelle, sur laquelle s'est appuyé le Comité de concertation pour prendre ses décisions. Ce rapport s'intéresse à la détection de contaminations groupées au sein d'une même entreprise/profession, durant la période allant de septembre 2020 à janvier 2021. Pour ce faire, Sciensano s'est basé sur les informations des cas de Covid-19 fournies par l'ONSS. Il en ressort ainsi que certains domaines tels que la santé, l’administration publique et l’enseignement sont au-delà de la moyenne nationale. De fait, ces secteurs n'ont jamais été soumis à une fermeture forcée. Notons également que ces professions sont également plus souvent sujettes à des dépistages systématiques et que la mise en place du télétravail n'est pas toujours envisageable pour ces dernières.

Néanmoins, l'étude nuance ces résultats en s'appuyant sur toute une série d'indicateurs qui permettent de les interpréter différemment. On peut notamment citer l'absence d’information sur l’activité professionnelle ou le fait que certaines entreprises peuvent être actives dans plus d'un secteur. Yves Coppieters retient surtout que ces données ne contiennent aucune information sur le lieu où la personne a été infectée, que cela soit sur son lieu de travail ou bien à son domicile. Le gouvernement, aiguillé par le GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19), se base pourtant sur ce rapport ayant "beaucoup de limites" pour prendre ses décisions face à la crise sanitaire. Un fait qui pousse l'épidémiologiste à se questionner.


"On se rend compte que le dernier Comité de concertation s'est encore fortement basé sur ces données, sans voir les limites de l'exercice. Je ne dis pas qu'il faut rejeter les données, mais il faut en expliquer les limites. On ne peut par exemple pas dire que la Culture est un secteur de propagation et à risque, mais plutôt que certains professionnels de la Culture sont plus malades, voilà ce que dit ce rapport", nous confie Yves Coppieters.

L'expert invite donc le GEMS à nuancer ses indications avec plus de transparence. "Je pense que le GEMS devrait peut-être prendre un peu de recul vis-à-vis de ce rapport, car contrairement au gouvernement il a une responsabilité scientifique. Il ne peut pas baser ses arguments uniquement là-dessus", conclut-il.