Le vaccin, annoncé comme étant la solution contre le coronavirus par les experts, laissent pourtant sceptique toute une partie de la population. Certains ne croient pas qu'un produit efficace puisse faire son apparition sur le marché en si peu de temps. Des doutes qu'Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral, peut comprendre jusqu'à un certain point. "Ces questionnements sont compréhensibles, mais je comprends moins bien qu'ils puissent persister lorsque l'on prend le temps d'expliquer les choses. On n'est pas dans une situation si paradoxale qu'il n'y paraît, il y a un tas de raisons qui expliquent pourquoi la création du vaccin a été si rapide."

Si les doutes n'ont pas de raison d'être pour l'expert, il explique néanmoins comprendre ce que peut ressentir la jeune génération. "Je comprends le doute éventuel que peuvent avoir les jeunes qui se disent que le produit pourrait être un potentiel risque pour eux alors qu'ils n'ont pas d'intérêt direct. Mais je ne comprends pas l'hésitation chez les personnes âgées qui ont elle un intérêt direct. De plus, elles ont connu dans le passé d'autres vaccins qui ont mis fin à d'autres virus. Donc historiquement et humainement parlant, elles doivent comprendre l'importance du vaccin."

Pour Yves Van Laethem, les préjugés sur le vaccin sont amenés à vite disparaître pour laisser place à une certaine adhésion généralisée. "Je pense que le vaccin sera mieux compris lorsque les gens vont se rendre compte qu'il a un impact sur les nouvelles contaminations et que tout se passe bien, il sera alors mieux compris. A partir de ce moment-là, seuls les mordus anti-vaccins le rejetteront. Cet impact je pense qu'on le verra d'ici deux mois. Dans le courant du mois de février, on assistera déjà à une nette différence dans les maisons de repos, où il y aura très peu de malades. L'impact positif convaincra alors tout le monde"

"On ne peut pas procéder comme en Israël"

La vaccination est d'ailleurs appelée à s'accélérer en Belgique. Pour l'instant, seul le manque d'approvisionnement de la part de Pfizer ralentit les choses. "Nous avons acheté nos doses en même temps que tout le reste de l'Europe, à un prix raisonnable et ça a un impact aujourd'hui. On ne peut pas procéder comme en Israël, qui oui vaccine plus vite mais qui paie les doses trois fois plus cher. Je ne sais pas si on a bien procédé et je ne veux pas me prononcer. Mais bientôt, d'autres vaccins qui auront eux aussi fait leurs preuves vont faire leur apparition sur le marché, comme celui de Moderna ou d'Astra Zeneca et ça changera la situation".