Cette décision n’a pas d’effet majeur. Il reste obligatoire de se faire tester et d’observer une quarantaine de 14 jours lorsqu’on revient d’une zone rouge. Et il reste obligatoire de remplir un Passenger Locator Form (PLF) lorsqu’on revient de l’étranger.

L’exception reste les voyages dits essentiels, souvent professionnels, de 48 heures maximum au terme duquel ni dépistage ni quarantaine ne sont obligatoires.

Ce qui tombe, c’est le risque d’être contrôlé à la frontière (aéroports, gares, routes et autoroutes) au retour d’une zone rouge et de se voir imposer – puisque c’était interdit – un emprisonnement de huit jours à trois mois et une amende de 26 à 500 euros, ou d’une de ces peines seulement.

Une interdiction contournée par certains

Alors pourquoi ce changement ? Le ministre des Affaires étrangères l’explique par la nécessité d’aligner la Belgique sur la pratique des autres États membres de l’Union européenne. “Nous étions jusqu’ici le seul pays européen à interdire et non à déconseiller les voyages en zones rouges”, dit-il. Or la Belgique est en faveur d’une vraie coordination européenne.

Mais de nombreux facteurs ont joué aussi.

D’une part, plusieurs opérateurs économiques, dont des voyagistes, ont fait savoir que l’interdiction poussait des Belges à aller dans des aéroports voisins (Paris, Amsterdam) pour s’envoler vers des destinations interdites. Pour ne pas parler de ceux qui prenaient simplement leur voiture.

Un arrêté à vocation dissuasive

D’autre part, l’interdiction, décidée au plus fort de la pandémie en mars sous pression notamment des directeurs d’école, aspirait à avoir un effet dissuasif. Jamais les polices n’ont été en mesure de mettre les moyens pour faire appliquer les arrêtés ministériels des 23 mars et 30 juin.

La police fédérale a bien procédé à des contrôles sélectifs lorsque la procédure du PLF a été lancée. “ Nous avons procédé au contrôle de camping-cars”, explique Sandra Eyschen, porte-parole à la police fédérale. “ On se doutait qu’ils n’étaient pas partis pour 48 heures”.

Les Parquets contactés soulignent que très peu d’affaires reliées aux zones rouges sont remontées jusqu’à eux. À Bruxelles, rien à signaler. À Tournai, en zone frontalière, “je n’ai pas de souvenir qu’un PV a été établi en cette matière. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas eu de citation devant le tribunal de police”, relève Frédéric Bariseau, Premier substitut. Il faut toutefois un certain temps avant qu’un PV remonte vers les parquets.