Economie

Johan Thijs, CEO de KBC Groupe, a tenté mercredi matin lors d'un conference call d'expliquer la décision du groupe de supprimer 1.400 emplois dans le cadre d'un plan visant à augmenter l'efficacité opérationnelle dans les différents départements. 

"Nous sommes l'une des institutions les mieux capitalisées, dans le secteur bancaire européen", a constaté le CEO. "Mais on ne peut pas se reposer sur nos lauriers", certainement dans un "environnement difficile qui impacte toute l'industrie". Dans cet environnement changeant, "la digitalisation est le principal fil conducteur", constate-t-il.

"Les entreprises qui auront du succès dans le futur proche sont celles qui travaillent à la satisfaction clients et sur leur 'cost efficiency' (la rentabilité, le rapport coût-efficacité, NDLR). (...) Agilité et efficacité sont la clé", estime Johan Thijs, qui vise avec le plan annoncé mercredi "une organisation plus plate et moins bureaucratique".

L'impact de cet exercice sera "compensé par les départs naturels", a-t-il encore insisté, promettant de mettre en œuvre cette évolution "dans ce que l'on pourrait appeler 'the KBC way'", soit "à la manière KBC". "On anticipe, plutôt que d'attendre le dernier moment et de devoir prendre des mesures drastiques", laisse-t-il entendre.

"Certaines entités vont changer de fonction, il y aura des changements de jobs, mais nous allons consacrer toute notre attention au redéploiement du personnel", promet-il, mettant en avant la période prévue pour l'exécution du plan: 3 ans et 4 mois (de septembre 2019 à fin 2022). Durant cette période, "les gens dont la fonction disparaitra seront formés ou redéployés". Cela devrait passer entre autres par une "plate-forme de formation et de talents basée sur l'intelligence artificielle" que KBC dit actuellement mettre en place, mais au sujet de laquelle peu de détails ont été donnés.

Le "KBC job center", en interne, doit aussi jouer son rôle: celui de "'matcher' les compétences des personnes dont le boulot disparait avec les jobs disponibles, dont de nouveaux postes", indique Johan Thijs. Ce job center n'est pas une nouveauté, il existe depuis plusieurs années. Le responsable sectoriel néerlandophone de la CGSLB a d'ores et déjà indiqué mercredi être inquiet quant à la réelle capacité de ce centre, qui serait déjà très "rempli".

KBC annonce la suppression de 1.400 postes en Belgique

Le bancassureur KBC a annoncé mercredi, alors que se tient depuis 7h45 un conseil d'entreprise extraordinaire, une réduction de ses effectifs en Belgique de 1.400 collaborateurs.

Cela concerne des employés du siège social, des fonctions de support ainsi que du réseau d'agences à travers le pays, indique le groupe dans un communiqué transmis à 8h10. Une partie de ces emplois perdus, soit 300 fonctions, seront désormais assurés depuis la République tchèque et la Bulgarie, où le groupe est également implanté. Une telle évolution était crainte par les syndicats.

La suppression de ces emplois aura lieu au cours des "trois prochaines années" et "sera entièrement compensée par des départs naturels", dont des départs à la retraite. Ces dernières années, les départs naturels dépassaient les 500 ETP (équivalents temps plein) par an, assure le groupe. "Par conséquent, aucun plan de licenciement collectif obligatoire ni plan de départ collectif n'est prévu ou requis", précise-t-il. Parallèlement, des contrats avec 400 sous-traitants externes seront supprimés, principalement dans l'informatique et parmi les intérimaires.

L'annonce est en fait le résultat d'une réflexion entamée en mai dernier, quand le groupe, dont dépend entre autres CBC Banque&Assurance, avait annoncé le lancement d'un "exercice interne" pour envisager une optimisation, une "révision", de sa structure de gouvernance. Le bancassureur avait alors lancé la réflexion au sein de son management, demandant aux directeurs généraux de chaque département de dégager des pistes pour améliorer l'efficacité opérationnelle à leur niveau.

La mise en œuvre du "plan" qui en résulte, à l'échelle du groupe, débute dès ce mois de septembre, prévient KBC. Il se poursuivra jusqu'en fin de l'année 2022.

"Les organisations doivent être plus agiles afin de pouvoir prendre des décisions et mettre en œuvre les changements plus rapidement", justifie mercredi le CEO de KBC Groupe, Johan Thijs, par voie de communiqué. "Grâce à cet exercice, notre organisation sera plus agile et plus plate, avec moins de niveaux de décision", ce qui devrait finalement bénéficier au client, assure-t-il. "Cet exercice d'optimisation aura des conséquences pour certains de nos collaborateurs", admet le CEO, qui promet cependant que le "redéploiement" du personnel impacté est essentiel, avec éventuellement la recherche de "solutions alternatives" là où ce n'est pas possible. "L'exécution de cet exercice se fera dans le respect, comme nous le faisons toujours", conclut le Limbourgeois, présent au sein de l'entreprise depuis 1988.

KBC compte actuellement environ 16.000 salariés en Belgique, selon les chiffres du groupe fin 2018.