Delhaize cultive sa différence

P.D.-D.

Le groupe ne compte pas participer à la guerre des prix: la qualité restera privilégiée, explique Pierre-Olivier Beckers

BRUXELLES L'arrivée fracassante du géant français Carrefour sur le marché belge ne semble manifestement pas émouvoir outre mesure Pierre-Olivier Beckers, l'administrateur délégué de Delhaize Group.

`La guerre des prix n'est pas notre créneau´, confiait-il cette semaine à la tribune des Petits déjeuners financiers organisés sous l'égide de Robert Half Belgium et Concept Agresso. `Pendant que d'autres se battent sur les prix, nous renforçons notre leadership sur les fruits et légumes, les produits bios et les plats préparés´ - un dernier secteur où Delhaize possède 60% de parts de marchés en Belgique-. `Il est plus difficile de rattraper un leader en qualité que d'essayer de se faire une image en termes de prix´, a encore ajouté le jeune patron du `petit épicier´ né en 1867 devenu depuis lors l'un des grands de la distribution.

Car Delhaize Group est avant tout un groupe de dimension internationale. `80% de son chiffre d'affaires est réalisé aux Etats-Unis, contre 15% en Europe´, rappelle Didier Bloch, de la société Bain & Company. `C'est l'un des groupes les plus rentables dans le secteur de la distribution. Il figure dans le tiercé de tête´.

Mais la concurrence est rude, que ce soit dans les marchés arrivés à maturité - Europe ou Etats-Unis - ou dans les nouveaux marchés - rapidement investis par les poids lourds de la distribution. `Dans la plupart des marchés européens, les cinq premiers distributeurs se partagent plus de 75% de parts de marché´, souligne Pierre-Olivier Beckers.

Le géant américain Wall Mart, par exemple, emploie un million de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 8.000 milliards de nos francs pour l'ensemble de la planète. Son budget informatique est même le second en importance de toute la planète - gouvernements et entreprises confondus - Wall Mart étant coiffé par le Pentagone. Son rival européen, le français Carrefour, pèse trois fois moins que le numéro un mondial.

Mais Delhaize n'en tire pas moins son épingle du jeu et s'est offert récemment une visibilité accrue grâce à la fusion des branches belge et américaine de la société, avec pour corollaire la cotation d'une seule action sur Euronext Bruxelles et à Wall Street.

Du coup, Delhaize ne passe plus inaperçu aux yeux des analystes, qui peuvent d'un trait de plume faire la pluie et le beau temps: ils étaient quinze voilà deux ans à suivre l'action Delhaize; ils sont aujourd'hui 39. `La taille paie en bourse´, note Pierre-Olivier Beckers.

Mais la médaille boursière a son revers. `Il y a une pression croissante des marchés financiers´, souligne le patron de Delhaize, obligé de consacrer pas mal de temps à `informer et convaincre´ les investisseurs. `Il faut répondre aux attentes ou périr´, estime encore Pierre-Olivier Beckers. `Le moindre ralentissement des activités se paie cash, ou plutôt krach´.

Pour garder son rang, Delhaize Group a donc non seulement fusionné ses branches américaine et belge mais a également transformé un holding en `groupe intégré´. La prise dé décision à des niveaux locaux doit rendre l'entreprise plus forte, assure Pierre-Olivier Beckers, pour qui la clé de la réussite est notamment `l'approche locale´, que ce soit en matière d'enseigne ou de management. Le profit, bien entendu, est essentiel à la croissance et au développement.

Une valeur ajoutée maison à travers des produits et des services de qualité est tout aussi primordiale. Un créneau dans lequel Delhaize compte bien investir.

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