Dexia a pris une claque

L'action a fortement chuté (-8,75%) à la suite de la publication de résultats jugés décevants

BRUXELLES

Les temps sont décidément bien durs pour les

vedettes

de la place financière bruxelloise.

Voilà une semaine, l'action Fortis plongeait de plus de 7% en deux séances à la suite d'un profit warning émis lors de la présentation des résultats trimestriels.

Dexia a subi le même sort peu enviable depuis mardi, la valeur du groupe franco-belge de bancassurance étant depuis lors sévèrement attaquée à la suite de la publication de résultats jugés décevants par les analystes. La dégelée est de 8,75% en quatre jours, l'action Dexia clôturant à 15,5 euros (contre 17,7€ lundi soir).

`Ces chiffres sont plus qu'honorables´, s'est cependant défendu jeudi Luc Onclin, président du comité de direction de Dexia Banque. Ainsi, le bénéfice par action sur les neuf premiers mois de l'année s'élève à 0,96 euro, contre 0,88 euro de janvier à septembre 2000, soit une belle augmentation de 9,4%.

Le coefficient d'exploitation - c'est-à-dire le rapport entre les coûts (de personnel, notamment) et les rentrées - s'est établi pour sa part à 57,1%, contre 52,5% sur les 9 premiers mois de 2000. Un sérieux dérapage qui a son explication. Dexia BIL (Banque Internationale à Luxembourg) a joué de malchance: soucieuse d'étoffer ses équipes de conseillers financiers lorsque les placements cartonnaient auprès du public, la BIL avait massivement engagé. Depuis lors, les analystes sont restés, mais leur volume d'affaires - et donc de commissions pour la banque - a passablement chuté.

`On ne peut pas engager et désengager tous les mois, d'autant que les gens que nous cherchons, tout le monde les cherche´, explique Luc Onclin. Afin de rééquilibrer ce coefficient d'exploitation, le groupe a en tout cas décidé de prendre le taureau par les cornes et de mettre en place `un plan énergique de maîtrise des coûts au niveau de l'ensemble du groupe, dès l'année prochaine´, notamment dans les métiers `qui subissent actuellement la conjoncture défavorable des marchés boursiers´.

Ces bonnes résolutions n'ont toutefois pas convaincu quelques analystes, qui ont fait la fine bouche devant ces résultats. Luc Onclin suppute que ces analystes n'ont pas apprécié que Pierre Richard, le patron de Dexia, ait refusé mardi de leur livrer ses pronostics pour les prévisions annuelles du groupe. Qui sait.

Axel Miller, membre du comité exécutif et du comité d'intégration de Dexia, souligne pour sa part que sur la quarantaine d'analystes suivant l'action Dexia, une poignée seulement - sept - a révisé son appréciation à la baisse. KBC Securities, par exemple est passée du conseil `acheter´ à `accumuler´. Fortis, pour sa part, propose désormais de `réduire´ (contre `accumuler´, précédemment). P.D.-D.

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