Une année très mouvementée pour Interbrew

P.D.-D.

Le groupe brassicole belge faisait son entrée en Bourse voilà un an

BRUXELLES

Ce fut l'événement boursier de l'année 2000.

Treize ans après avoir été créée grâce à la fusion des Brasseries Artois et Piedboeuf, l'entreprise familiale Interbrew posait un premier pas en bourse, proposant aux investisseurs quelque 88,2 millions d'actions.

Malgré une campagne promotionnelle soutenue Fortis Banque a par exemple inondé ses clients de dépliants sur cette entrée en bourse les souscriptions émanant des particuliers belges furent loin de correspondre aux espoirs des responsables d'Interbrew qui, dit-on, ont depuis lors une dent contre la première banque du pays, à qui était revenue l'honneur d'orchestrer l'opération. Mais l'intérêt des institutionnels courtisés par Merrill Lynch permit à cette introduction d'être malgré tout une belle réussite.

Introduite le 1er décembre 2000 au cours de 33 euros, l'action grimpait à 38,01 euros son plus haut historique dès le 5 décembre.

Un mois plus tard, le 3 janvier 2003, la Commission de la concurrence britannique portait toutefois un rude coup à la société belge et à l'action en s'opposant au rachat de Bass, pour lequel le World's Local Brewer avait déboursé 150 milliards de francs l'été précédent.

Par ce rachat du second brasseur britannique peu après avoir fait main basse sur Whitbread, Interbrew risquait, selon Londres, de réduire la concurrence, `ce qui conduirait à une hausse des prix´. L'action s'effondrait de 25% en une journée. Elle ne s'en est jamais vraiment remise.

Dans un premier temps, le brasseur belge semblait en effet très mal embarqué: il devait ni plus ni moins renoncer à l'entièreté de Bass, qu'il aurait donc dû probablement revendre à un prix inférieur au coût d'acquisition.

L'appel introduit le 26 janvier par Interbrew allait toutefois permettre au groupe belge de se tirer de ce mauvais pas sans trop de casse. La Haute Cour estimait ainsi qu'Interbrew n'avait pu défendre correctement sa cause devant les autorités britanniques.

L'horizon s'éclaircissait. En juillet, Interbrew sortait un atout de sa manche et proposait quatre solutions de compromis à Londres, dont la revente des intérêts brassicoles de Bass Brewers en Grande-Bretagne et une solution light (la revente de la marque Carling).

Un message reçu cinq sur cinq. Une nouvelle directive des autorités britanniques allait en effet permettre à Interbrew de choisir une solution à sa main, et non dictée unilatéralement. A la mi-septembre, le gouvernement britannique proposait en effet à Interbrew de céder les activités brassicoles de Bass ou celles de l'autre marque britannique Carling. `Une victoire´, s'était félicité Interbrew.

Cette solution permet à Interbrew de conserver une importante partie des activités de Bass Brewers au Royaume-Uni en plus de toutes les activités internationales.

Certes, la revente de Carling (70% de Bass) n'est pas en soi une bonne affaire. Mais Interbrew conserve les marques Bass et Tennent's (5 à 6% du marché britannique) et a surtout jusqu'au 28 février 2002 pour trouver un acquéreur. De quoi, sans doute, lui permettre de ne pas brader cette perle de son empire britannique.

Ces multiples démêlés avec les autorités de Sa Gracieuse Majesté n'ont toutefois pas empêché Interbrew de poursuivre son shopping. Début août, le World's local brewer jetait son dévolu sur Beck's, effectuant du coup son entrée sur le marché allemand. Bien joué? Une fois de plus, Interbrew semblait avoir payé le prix fort (1,8 milliard d'euros) pour une acquisition qui ne faisait pas l'unanimité des analystes.

Mais là encore, le temps semble avoir donné raison à Hugo Powell, le patron d'Interbrew, dont l'insatiable appétit d'acquisition n'est sans doute pas encore satisfait.

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