Bruxelles prône une réforme de l'indexation des salaires en Belgique

Bruxelles prône une réforme de l'indexation des salaires en Belgique
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La Belgique a affiché en 2010 l'un des plus fort taux d'inflation de la zone euro: 2,3%


BRUXELLES La Commission européenne a appelé mardi la Belgique à revoir son système d'indexation des prix et des salaires, auquel le pays est très attaché mais qui selon Bruxelles alimente l'inflation via des hausse disproportionnées des rémunérations.

"Même si la réglementation sur les salaires aide à encadrer les négociations salariales, elle pourrait être améliorée en prenant en compte les différences de croissance de productivité et en fournissant un système plus efficace pour appliquer des corrections a posteriori si les objectifs ne sont pas atteints", a estimé l'exécutif européen dans un rapport.

Le système d'indexation belge prévoit, pour éviter les spirales inflationnistes, que la tendance des salaires reste "en ligne" avec celle observée dans trois pays voisins: Pays-Bas, Allemagne et France.

Mais la Commission a relevé que cela n'avait nullement empêché les salaires d'augmenter plus vite en Belgique que chez ses voisins durant la période 2005-2010.

"En conséquence, les coûts unitaires du travail ont crû à un taux supérieur en Belgique à la moyenne de la zone euro. Cela pose un problème particulier dans la mesure où la Belgique est spécialisée dans la production de biens à faible contenu technologique et doit faire face à une rude concurrence des pays à faible coût de main d'oeuvre", a-t-elle estimé.

L'indexation belge est régulièrement critiquée mais le gouvernement refuse d'y toucher.

La Belgique a affiché en 2010 l'un des plus fort taux d'inflation de la zone euro: 2,3%.

Outre les salaires, le système d'indexation vaut aussi pour les loyers, les tickets de tram ou de train, les timbres, certaines polices d'assurance, l'électricité et le gaz.

© La Dernière Heure 2011


Leterme salue une analyse "assez bonne" de l'économie belge
Le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) a salué mardi les recommandations adressées par la Commission européenne à la Belgique. S'il n'y adhère pas en tous points, il y voit "une analyse assez bonne de l'état de l'économie". Il se dit favorable à une réforme de l'indexation des salaires, mais se montre plus réservé quant aux efforts budgétaires demandés. M. Leterme a répondu aux questions des journalistes après la publication par la Commission de recommandations épinglant les déficits budgétaire et de compétitivité de la Belgique.

Sur le budget, il souligne que le gouvernement en affaires courantes a déjà entrepris d'accélérer l'assainissement en 2011, même si l'effort n'a pas atteint le montant de 0,75% du PIB préconisé par la Commission. "C'est un choix délibéré d'avoir un équilibre entre la rigueur et la volonté de garder la confiance des consommateurs et des investisseurs", affirme le Premier ministre. Les bons chiffres de la croissance "sont liés au fait que la Belgique ne suit pas toujours ce genre de recommandations", selon lui.

Il ne se prononce par contre pas sur les efforts demandés à la Belgique pour l'an prochain, afin de "ne pas piétiner sur le travail de M. Di Rupo", qui oeuvre actuellement à la confection du budget 2012. M. Leterme accueille plus favorablement les autres recommandations de la Commission, même celles qui suscitent la polémique, comme la réforme de l'indexation des salaires. Il ne s'agit pas d'abolir le système, mais de le réformer pour tenir compte de la volatilité des prix de l'énergie, a-t-il nuancé. "Les partenaires sociaux et le gouvernement doivent y réfléchir".

Il estime par ailleurs que la Belgique a déjà amorcé une dégressivité des allocations de chômage dans le temps, autre sujet délicat évoqué par la Commission. En augmentant les montants des allocations durant les six premiers mois, le gouvernement a déjà instauré une certaine dégressivité, selon lui. Sur le principe, M. Leterme est favorable à la dégressivité. "Il est essentiel que le chômage fonctionne surtout comme une assurance" pour ceux qui perdent leur emploi, dit-il.

Interrogé sur le secteur financier, il a admis que "notre système bancaire requiert toujours beaucoup d'attention", tout en estimant que les banques belges sont sur la bonne voie. Il a cité à cet égard la décision de Dexia d'accélérer sa restructuration. Les recommandations seront examinées par le gouvernement dans les prochaines semaines. La Belgique pourra éventuellement demander de les modifier, puisqu'elles doivent être approuvées par les ministres des Finances, de l'Emploi et par les chefs d'Etat et de gouvernement.

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