Le chômage coûte toujours plus cher en Belgique

Les dépenses consacrées à l'activation des chômeurs ont plus que triplé en dix ans...

Belga
Le chômage coûte toujours plus cher en Belgique
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Les dépenses consacrées à l'activation des chômeurs (Start, Activa, dispense ALE, allocation de formation, transition professionnelle, etc.) ont plus que triplé en dix ans, passant de 176,7 millions d'euros en 2002 à 544 millions d'euros en 2012, ressort-il lundi du Cahier 2013 relatif à la sécurité sociale publié par la Cour des comptes. En 2002, seul un chômeur sur 23, soit 29.163 personnes, était intégré dans un système d'activation, contre un sur huit, soit 97.075 personnes, en 2012. Dans le même temps, le nombre total de chômeurs a progressé de 7,03% et les dépenses totales en matière de chômage sont passées de 5 milliards à 6,6 milliards d'euros, constate la Cour des comptes.

Dans la période 2002-2009, les dépenses d'activation constituaient entre 3 et 5 % des dépenses totales en matière de chômage. En 2010 et en 2011, elles ont atteint respectivement 6,74 % et 10,91 % des dépenses totales sous l'impulsion du plan temporaire.

En 2002, la dispense pour raison d'activités ALE mobilisait 65,92% des moyens, contre 16,87% consacrés à des mesures prises dans le cadre du plan Activa. Les dépenses Activa ont ensuite gagné progressivement du terrain, au point que ces trois dernières années, la part de ces dépenses a dépassé la barre des 65%. Les dépenses relatives à la dispense pour raison d'activités ALE ne représentaient quant à elles plus que 2,54% en 2012.

Le nombre de travailleurs Activa est en recul depuis 2008, constate la Cour. Le nombre de travailleurs bénéficiant d'un complément de reprise du travail est quant à lui en forte hausse (de 9.029 en 2009 à 20.117 en 2012), notamment en raison de l'instauration le 1er mai 2009 d'un complément "temporaire" de reprise du travail.

La Cour des comptes a également calculé le coût des mesures d'activation, en divisant les dépenses totales pour chaque mesure par le nombre de travailleurs activés. La comparaison indique que l'évolution du coût des différentes mesures est "minime". Ainsi, les coûts des programmes de transition professionnelle, de l'Activa Start et Sine demeurent à peu près constants. Le système de la dispense pour activités ALE reste le plus cher en 2012, avec un coût moyen par travailleur de 10.226,25 euros en 2012.

La Cour des comptes recommande à l'Onem d'évaluer les divers programmes et de répertorier les éventuels effets de substitution entre les différentes mesures. "Il existe une substitution masquée. Des travailleurs sont licenciés et remplacés par des chômeurs, synonymes d'avantages complémentaires pour l'employeur. De manière globale, les effets de la substitution sont difficilement mesurables", explique la Cour des comptes.

Celle-ci préconise aussi de définir le groupe cible et de formuler des objectifs chiffrés qui permettraient à l'Onem de confronter les réalisations aux objectifs et adapter les programmes.

Dans une réponse datée du 12 juillet dernier et confirmée lundi, l'administrateur général de l'Onem souligne que l'augmentation du coût des mesures d'activation est principalement imputable à l'instauration du plan de recrutement Activa win-win, qui était une mesure temporaire, actuellement en voie d'extinction. D'autres mesures ont été prises entre-temps, poursuit-il, telles que les stages d'insertion et le renforcement récent de la réduction de charges pour les jeunes chômeurs peu qualifiés.

Concernant les recommandations, l'administrateur souligne qu'une étude soumise au comité de gestion de l'Onem vérifie dans quelle mesure une période d'activation contribue à sortir les gens du chômage. Selon lui, la substitution est inhérente à certaines mesures et est même parfois un but à atteindre. L'incidence budgétaire des effets de la substitution représenterait un investissement considérable en temps et en moyens. L'administrateur "pose la question de son opportunité étant donné les ressources limitées de l'Onem".

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