L'état dit fuck you au cynisme de Bellens

Le sort du tumultueux (bien qu’efficace) patron de Belgacom semble réglé : il va sauter. Sans parachute doré ?

A. Ca.
20090408 - BRUSSELS, BELGIUM: Chief Executive Officer Didier Bellens pictured during a General Shareholders' Meeting of the Belgacom group (Belgian telecommunication company) on Wednesday 08 April 2009, in Brussels. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE
20090408 - BRUSSELS, BELGIUM: Chief Executive Officer Didier Bellens pictured during a General Shareholders' Meeting of the Belgacom group (Belgian telecommunication company) on Wednesday 08 April 2009, in Brussels. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE ©BELGA

Ce devait être hier. Ce sera finalement tout à l’heure, en soirée. Officiellement pour raisons d’agenda, surtout histoire d’étouffer l’éventuel contrecoup boursier du verdict.

Le comité ministériel restreint, sous l’égide d’Elio Di Rupo, et bien entendu en présence de son ministre de tutelle (Jean-Pascal Labille, qui rendra un rapport qu’on estime peu contrasté), statuera sur le sort du tumultueux Didier Bellens. Mais les carottes semblent cuites : Didier Bellens devrait sauter, peut-être même pour faute grave donc sans parachute doré.

Pour rappel, l’homme , dont la compétence managériale est louée tant en interne qu’à l’extérieur, outre deux procédures (dont il est sorti blanchi) de conflits d’intérêts, de répétés dérapages verbaux au fil des ans (le mémorable, entre autres, "Bruxelles dit Fuck You à la 4G"), fut l’auteur, la semaine dernière, lors d’un débat orienté business, d’un malvenu "Le Premier ministre est un peu comme un petit enfant qui vient chercher sa Saint-Nicolas".

Le CEO faisait référence à l’unique appel d’Elio Di Rupo à son égard, une fois l’an, pour récupérer le dividende dû à l’État, actionnaire majoritaire de Belgacom. Cette pique, entre d’autres, provoqua un tollé politique manifeste, et valut à Didier Bellens d’être convoqué, le lendemain, par son ministre de tutelle. Le kern de ce soir est la suite logique de ces événements, où le gouvernement, molesté verbalement, doit trancher, et redorer l’image de son autorité. Quitte à se passer d’un des top managers les plus efficaces du pays ?

La faute grave est le scénario le plus extrême. De prime abord, c’était aussi le moins probable, ne serait-ce que parce que Bellens a insulté l’État, et pas Belgacom. Et que son employeur reste Belgacom, pas l’État. Qui plus est, Bellens est indépendant, non salarié. Bref : légalement, la notion de faute grave est ici très discutable. Néanmoins, selon nos confrères du Standaard, l’affaire était pliée dès hier soir : Bellens serait bien révoqué. Et pour faute grave, d’après Le Soir. Donc sans son parachute doré qui, si la faute grave était exclue, lui aurait permis d’empocher quelque 3,2 millions d’euros brut (tenant compte de sa rémunération de 2,4 millions par an, et du fait que son mandat court jusqu’en mars 2015).

hier matin, Bellens, fidèle à son modus operandi post-bourde, fit amende honorable dans la presse, expliquant sa volonté de poursuivre l’aventure Belgacom en dépit des turpitudes, regrettant que ses propos aient pu choquer ou être mal interprétés, précisant qu’il les tint, au B19 Club, dans une situation qu’il pensait confidentielle. Les chances de voir ce prévisible pas de côté influencer la décision des ministres, qui sera officielle dans quelques heures, semblent plus ténues que jamais...

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