L’alternative aux comptes d’épargne ?

Les fonds flexibles suivent les hausses tout en amortissant les baisses.

P. D.-D.
L’alternative aux comptes d’épargne ?
©Photonews

La hantise toute légitime de l’investisseur particulier est de perdre de l’argent, surtout lorsque son portefeuille a par le passé déjà subi en quelques années seulement des pertes retentissantes dues à l’explosion de la bulle de la nouvelle technologie ou encore à la crise financière ayant entraîné le naufrage de valeurs dites de bon père de famille.

Son aversion au risque est logiquement élevée, ce qui explique, notamment, l’intérêt marqué des Belges pour les comptes d’épargne, alors qu’ils n’ont jamais rapporté aussi peu.

Ne leur parlez donc pas d’actions ou de fonds d’actions : 70 % des Belges ne veulent pas entendre parler de la Bourse, selon une récente enquête de BKCP.

Et pourtant, conserver des sommes importantes sous forme de cash est loin d’être la situation idéale : si vous ne perdez pas d’argent - et encore ! -, vous n’en gagnez pas non plus : le rendement de ces comptes vous permet généralement de rivaliser avec le taux d’inflation. Vous le battrez parfois, vous y perdrez souvent.

Les fonds dits flexibles apparaissent donc comme le produit tout indiqué pour l’investisseur désireux de doper le rendement de son portefeuille sans pour autant jouer avec le feu.

"Notre approche est d’accompagner les hausses tout en amortissant les baisses ", explique Serge Pizem, gérant du fonds Axa WF Optimal Income, lancé voilà 10 ans. " Sur le long terme, l’investisseur s’y retrouve car nous dégageons trois quarts de la performance boursière tout en ayant une volatilité inférieure de deux tiers."

" Ce que la plupart des investisseurs souhaitent, c’est d’obtenir un bon niveau de rendement sans pour autant avoir un niveau élevé de risque ", remarque Andrew Goldberg, Global Market Strategist chez JP Morgan Asset Management, dont le fonds Global Income Fund, lancé voilà bientôt 5 ans, vient non seulement de rejoindre la liste des fonds flexibles privilégiés de la Deutsche Bank, mais occupe aussi la première place des fonds les plus achetés en novembre par les clients de Rabobank.be. "Vous n’obtiendrez pas le rendement maximum, mais vous obtiendrez plus que sur le cash."

La montagne de cash - près de 250 milliards d’euros - dont disposent les ménages est justement la cible de ces fonds flexibles. Pour rassurer les particuliers, la maîtrise de la volatilité est essentielle : en clair, moins la volatilité est élevée, moins le risque de perdre beaucoup d’argent l’est également. " Notre approche est simple : préserver le capital et obtenir un rendement absolu positif annuel ", explique Guido Barthels, gérant du fonds Ethna-Aktiv E (T). " Nous faisons le maximum pour ne pas perdre l’argent qui nous a été confié. C’est pourquoi nous nous attachons à d’abord contrôler la volatilité avant de regarder le rendement du fonds. "

Une remarque étonnante à première vue : ne pas perdre d’argent quand les marchés plongent du nez peut toutefois être en soi un petit exploit. La pire perfomance du fonds est une perte mensuelle de 4 %, en juillet 2004. La pire année a été 2008, avec une perte de 3,90 %, alors que les marchés avaient plongé de 30 à 40 %.

En fait, le fonds Ethna, comme les autres fonds flexibles, fera moins d’étincelles comparé aux performances des Bourses. Il vise toutefois un rendement annuel situé entre 5 et 10 %, ce qui n’est quand même pas mal, et ce, avec un niveau de volatilité bien moindre qu’un fonds d’actions.

" Si tout va bien, nous ferons de l’argent. Si tout va mal, nous ferons tout pour éviter d’en perdre ", poursuit Guido Barthels, qui, comme les deux autres gestionnaires, a investi son propre patrimoine dans le fonds. "Nous préférons laisser passer des opportunités plutôt que d’investir dans un actif dans lequel nous ne croyons pas totalement."





Une mécanique bien huilée

C’est quoi, exactement, un fonds mixte ou flexible ? C’est un fonds pour lequel le gérant a les coudées assez franches et n’est nullement obligé de suivre à la lettre une pondération précise (30 % d’actions par tous les temps, par exemple, que le marché soit haussier ou baissier).

Prenez le fonds Axa Optimal Income. La poche actions du fonds peut aller de 25 à 75 %. À l’inverse, la poche obligataire ira de 25 à 75 %.

Dans le fonds Global Optimal Income, lancé voilà quelques mois, le poids des actions peut, là, aller de 0 à 100 %. " Nous avons voulu nous accorder plus de flexibilité ", remarque Serge Pizem, gérant des deux fonds.

La réactivité , en tout cas, est de mise. "Nous ajustons le degré d’exposition aux actions en fonction de notre perception des marchés à un horizon de 3 à 6 mois ", explique Serge Pizem.

L’exposition aux actions, en 2013, a été en constante évolution au sein du fonds Optimal Income : de près de 65 % en janvier - les craintes entourant la zone euro s’estompaient - à 45 % en mars - incertitude politique en Italie - à près de 75 % voilà quelques semaines. Elle est aujourd’hui d’environ 50 %, alors que certaines Bourses, Wall Street en tête - atteignent des plus hauts historiques. "Lorsque les marchés sont euphoriques, une grande amplitude de baisse est possible. Il y a donc un risque de petite purge, ce en quoi nous pouvons nous tromper car il y a généralement un rally en fin d’année."

La reprise des discussions sur le budget aux USA devrait, du reste, créer de la volatilité au début de l’année 2014, selon Serge Pizem.

Bien entendu , ces fonds ne se contentent pas de faire un mix d’actions et d’obligations. Il y a de tout, en fait : des actions, des obligations, de la dette émergente, du crédit, de l’immobilier, des obligations convertibles,...

" Notre fonds aide les investisseurs à accéder à toutes les catégories de produits de placement ", souligne ainsi Olivia Mayell, client porfolio Manager chez JP Morgan Asset Management. Et au sein du portefeuille global, tout est flexible. La gestion active du fonds JP Morgan Global Income Fund a pour but de s’adapter en permanence à l’évolution des performances et des risques des divers outils. Le but : proposer un portefeuille qui a du sens, et offrir de solides résultats aux investisseurs, en leur obtenant "de beaux niveaux de rendement sans avoir un haut niveau de risque".

Dans ce portefeuille global, les actions offrant de jolis dividendes occupent une place de choix. Depuis les années 20, les dividendes ont représenté 43 % du rendement total des marchés boursiers, rappelle JP Morgan Asset Management. Les marchés émergents pointent aussi leur nez : leur valorisation actuelle offre un point d’entrée attractif.

La Chine a également grâce aux yeux de Guido Barthels. "L’économie va continuer à croître. Une croissance de 6, 7 ou 7,5 %, c’est encore une croissance très solide" , remarque-t-il. De même, il est positif sur les actions.

Pour les personnes désireuses de plus s’exposer aux actions, Ethenea va d’ailleurs proposer en Belgique le fonds Global Dynamisch (T), dont l’exposition aux actions est située entre 30 et 70 %. L’objectif est de dégager un rendement annuel supérieur à 10 %. Fin octobre, la progression était de 9,02 % depuis début janvier (7,21 % pour l’ensemble de l’année 2012).

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