Préaccord social signé chez ArcelorMittal

L'accord est tombé au beau milieu de la nuit. Il devrait y avoir moins de 80 licenciements secs dans le bassin liégeois.

Isabelle Lemaire
Préaccord social signé chez ArcelorMittal
©BELGA

La course contre la montre était lancée dans les négociations sur le volet social entre direction et syndicats d’ArcelorMittal. Une forme d’accord entre les deux parties devait être trouvée dans les plus brefs délais, sous peine que le numéro 1 mondial de l’acier jette l’éponge et commence à procéder à des licenciements massifs dans le bassin sidérurgique liégeois.

Les 60 jours légaux de négociations, prévus dans la procédure Renault n’avaient été faits que de tergiversations stériles et de claquements de porte. Il avait été décidé de prolonger ces difficiles discussions pendant quelques jours encore. Depuis lundi, les deux parties étaient de retour à la table des négociations. Si quelques avancées avaient pu être faites, jeudi encore, la réunion s’était terminée par un clash. On pouvait dès lors se demander comment un terrain d’entente pouvait être trouvé, sur des points aussi sensibles que le recours à l’externalisation ou les conditions de licenciement. Eh bien, au beau milieu de la nuit, aux alentours de trois heures du matin, un préaccord a été signé à l’hôtel Crowne Plaza de Maastricht révèle La Libre Belgique. 

Pourquoi un préaccord ?

Parce que le sort des 362 travailleurs prépensionnables n’est toujours pas réglé. On attend pour le 12 décembre l’avis de la Commission prépension qui doit se prononcer sur l’octroi ou non d’une dérogation concernant l’âge de départ. Si la Commission rend un avis positif à la demande des syndicats et de la direction, il y aurait moins de 80 licenciements secs au sein de l’entreprise. Aucune solution n’a en effet pu être trouvée pour 58 ouvriers, 14 employés et 5 cadres. Le sort des travailleurs de la cokerie et de la centrale énergie, qui doivent être vendues aux Américains d’Oxbow Mining, n’est, lui non plus, toujours pas certain. La décision sur cet achat est attendue pour le 31 mars. Si la reprise de l’outil est conclue, 225 emplois seront préservés.

Selon les termes du préaccord, ArcelorMittal conservera 945 travailleurs à Liège, au lieu des 845 annoncés. Et les syndicats peuvent remercier la Région wallonne qui a mis la main au portefeuille pour sauver des emplois. Une filiale d’ArcelorMittal va être créée, conjointement avec la Région, pour prendre en charge 137 ouvriers œuvrant dans les fonctions de l’emballage, de la manutention, des réparations et du parachèvement, des secteurs d’activité que le groupe sidérurgique voulait confier à des sous-traitants. La rentabilité de cette filiale sera évaluée dans un an et l’on décidera de poursuivre ou pas ses activités.

Deux cents travailleurs seront également versés dans une société à créer par la Région, sous la forme d’un groupement d’employeurs locaux dont ArcelorMittal sera membre. Dans ce pool de compétence, on formera du personnel capable de relancer les outils mis sous cocon, si cette éventualité se présentait. Ces métallos devront d’abord être licenciés par ArcelorMittal. Ils toucheront leurs indemnités puis ils signeront un contrat CDD de 3 mois minimum et de 2 ans maximum. Une autre société, de démantèlement celle-là, sera aussi créée par la Wallonie. 75 travailleurs sous CDI et avec une garantie salariale l’intégreront. Ces deux sociétés, de compétence et de démantèlement, seront financées à hauteur de 50 millions d’euros chacune.

ArcelorMittal s’engage à réactiver sa politique d’embauche dès le premier trimestre 2014. Le groupe fait savoir que 400 emplois sont disponibles sur d’autres sites, en France et en Belgique, pour les Liégeois qui voudraient y pourvoir. Une prime de six mois leur sera accordée en cas de réussite sur leur nouveau lieu de travail.

Enfin, les syndicats ont obtenu que Mittal paie au Forem 2000 euros par travailleur licencié qui intégrera, comme le prévoit la législation, la cellule pour l’emploi. Le groupe accepte de financer l’accompagnement psycho-social de ces personnes qu’il aura licenciées.



Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be