Bpost: Labille s'attire les foudres de plusieurs patrons flamands

Plusieurs patrons de grandes entreprises flamandes soutiennent totalement la décision de Johnny Thijs, l'administrateur délégué de bpost, de ne pas poursuivre son travail à la tête de l'entreprise postale après deux mandats.

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Bpost: Labille s'attire les foudres de plusieurs patrons flamands
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Plusieurs patrons de grandes entreprises flamandes soutiennent totalement la décision de Johnny Thijs, l'administrateur délégué de bpost, de ne pas poursuivre son travail à la tête de l'entreprise postale après deux mandats. Dans les colonnes du Tijd et de L'Echo mardi, ils fustigent notamment l'attitude du ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS). Karel Vinck, 75 ans, qui a travaillé pour Bekaert, l'Union Minière, la SNCB et Umicore, parle ainsi de Jean-Pascal Labille comme d'un "homme dangereux, qui ne sait pas ce qu'est une entreprise "Dans la vie d'une entreprise s'appliquent d'autres règles de base que celles, idéologiques, auxquelles certains politiciens et partis prêtent serment", explique M. Vinck.

L'idéologie est "peut-être précieuse dans une mutuelle (Jean-Pascal Labille a été président des Mutualités Socialistes, ndlr), mais ce n'est certainement pas le cas au sein d'une entreprise qui est soumise aux lois du marché", affirme-t-il également dans une interview au Standaard.

Luc Bertrand, directeur du holding Ackermans & van Haaren, souligne lui les dangers d'un tel départ si tôt après l'introduction en bourse. "Vous avancez dans des eaux dangereuses lorsque vous voyez votre excellent CEO partir d'une telle manière".

Paul Buysse, président de Bekaert, se montre sévère à l'égard du ministre socialiste. "L'entrelacement de la politique avec l'économie dans une entreprise côtée en bourse est embarrassant pour notre pays. Ce sont les politiques qui ont constamment pointé l'importance de la corporate gouvernance. Que doit-on dire alors du cirque que les politiques livrent dans les entreprises publiques? ", s'interroge-t-il.

Arrivé au terme de son deuxième mandat, Johnny Thijs a préféré quitter bpost plutôt que de voir son salaire sensiblement raboté. L'administrateur délégué de bpost gagne ac­tuel­le­ment 1,12 mil­lion d'euros par an, un montant qui devrait à l'avenir être limité à 650.000 euros maximum.


Le PS exige une prise plus importante sur les entreprises publiques

Le PS profite de la décision de l'administrateur délégué de bpost, Johnny Thijs, de ne pas poursuivre son travail à la tête de l'entreprise postale après deux mandats pour exiger plus de pouvoir sur les entreprises publiques. Le ministre compétent en la matière Jean-Pascal Labille proposera vraisemblablement une adaptation de la loi en février, annonce mardi De Morgen.

Suite aux turbulences rencontrées actuellement au sommet de Belgacom et de bpost, Jean-Pascal Labille plaide pour une réforme de la loi de 1991 sur les entreprises publiques. "Le ministre est actuellement trop éloigné de l'entreprise dont il est politiquement responsable. Nous recevons les reproches en cas de problème, mais nous ne disposons pas de beaucoup de marge de manoeuvre pour changer le cours des événements", constate le socialiste.

"Mon but n'est pas de prendre la place du CEO, du conseil d'administration ou du comité de direction. Mais en ce qui concerne les salaires et les filiales, le ministre responsable doit avoir une prise plus importante", estime-t-il.

Jean-Pascal Labille présentera sa réforme en janvier ou en février au conseil des ministres.


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