Crise ! Mais pas pour tout le monde

Si la majorité des Belges s’en sort bien, les personnes les plus sévèrement touchées sont surtout celles qui étaient déjà en proie à des difficultés financières.

Jean-Philippe Ducart et Aline Van den Broeck
Crise ! Mais pas pour tout le monde

Après l’effondrement du système financier voici cinq ans, plusieurs banques ont fait faillite et ont dû être sauvées par l’État. La crise financière s’est répercutée sur l’économie, entraînant licenciements et fermetures d’entreprises. Pour la première fois, la croissance infinie semblait donc enrayée... Mais comment avez-vous vécu cette période ? La situation s’est-elle réellement dégradée pour vous personnellement ? Avez-vous perdu votre emploi ou vos revenus ont-ils diminué ? Est-il (plus) difficile aujourd’hui de joindre les deux bouts et avez-vous dû réduire vos dépenses, voire en supprimer ? Cette enquête fait le point sur la situation du Belge moyen.

La situation s’est sensiblement dégradée

Commençons par la mauvaise nouvelle, qui n’est guère surprenante : 55 % des répondants déclarent que leur situation financière est plus mauvaise qu’il y a cinq ans. Autre point, moins évident et plus alarmant : 40 % disent que leur situation s’est également dégradée l’an dernier. Faut-il dès lors en conclure que toute la population belge s’est appauvrie ? On ne peut être aussi catégorique puisque le revenu mensuel net moyen d’un ménage belge est de 2.819 €, soit un montant largement suffisant pour couvrir les dépenses mensuelles, qui s’élèvent en moyenne à 2.210 €. L’alimentation (526 €), le prêt hypothécaire ou le loyer de l’habitation (466 €) et les frais d’eau, de gaz, d’électricité et assimilés (275 €) représentent les postes les plus coûteux. Auxquels s’ajoutent, pour certains ménages, le remboursement du prêt voiture et les frais de garde d’enfants. Cette moyenne dissimule bien entendu de grands écarts, puisqu’un peu plus de 15 % des personnes interrogées doivent se débrouiller avec moins de 1.500 € par mois pour l’ensemble du ménage.

2 % de nos sondés disposent même de moins de 1.000 € par mois, un contraste criant par rapport aux 13 % de familles dont le revenu mensuel dépasse 4.000 €. Il existe en outre des différences entre les Régions : le revenu mensuel d’un ménage wallon équivaut à un peu plus de 1.000 € par membre (à l’inclusion des enfants qui ne travaillent pas), alors que celui des ménages bruxellois et flamands est légèrement supérieur à 1.100 €.

Le revenu est dépensé, mais la fin du mois est encore loin

Quel que soit le montant du revenu, la situation ne devient grave qu’à partir du moment où il ne suffit plus à couvrir les dépenses indispensables. Or, nombre de personnes interrogées déclarent qu’elles ont dépensé la totalité de leur salaire bien avant la fin du mois : 43 % des répondants se retrouvent de temps en temps sans argent avant d’avoir reçu le salaire ou l’allocation du mois suivant et pas moins de 20 % sont souvent, voire tous les mois, confrontés à cette situation difficile. Ils sont donc contraints d’économiser sur certaines dépenses. Les chiffres suivants sont plutôt stupéfiants : plus de la moitié des répondants parviennent difficilement à partir une semaine par an en vacances en famille, 3 sur 10 doivent "racler les fonds de tiroirs" pour payer les frais médicaux nécessaires et 2 sur 10 peinent à se nourrir correctement.

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