Le nouveau projet du vendeur de cigarettes Philip Morris

Le cigarettier envisage d’arrêter les cigarettes classiqueset de miser sur des dispositifs électroniques.

L.C-C.
Le nouveau projet du vendeur de cigarettes Philip Morris

Le cigarettier envisage d’arrêter les cigarettes classiqueset de miser sur des dispositifs électroniques.

Ce mercredi, à Amsterdam, l’équipe de Philip Morris Benelux a présenté l’IQos, dans un magasin dédié à celui-ci. Leur produit ressemble à une cigarette électronique. Une microcigarette, à base de tabac compressé, est à introduire dans un dispositif électrique qui va le chauffer. "Il n’y a plus de combustion", détaille Pierre Deraedt. "C’est de la vapeur qui sort."

Un dispositif d’e-cigarette, à base de nicotine, qui continue à être addictif. Il est vendu au prix de 70 euros, approximativement. Les 20 sticks de tabac, les Heets, présentés dans des petits paquets, comme la cigarette traditionnelle, coûtent près de 6 euros, selon les taxes en vigueur dans le pays qui les commercialise. "Nous soulignons notre ambition de dessiner un monde sans fumée", explique Markus Essing, Managing Director de Philip Morris Benelux. "Cela signifie que nous souhaitons remplacer les cigarettes traditionnelles par des produits qui réduiraient les risques pour le fumeur adulte qui ne souhaite pas arrêter de fumer."

"Et pour son entourage", ajoute Patrick Vanscheeuwijck, directeur de toxicologie préclinique.

Un geste de Philip Morris pour se donner bonne conscience après les dégâts causés par le tabac ? Le directeur toxicologique indique : "Nous avons une réputation depuis les années 70 et 80, nous l’assumons. Notre ambition est de vraiment quitter l’industrie du tabac" traditionnelle.

"C’est une nécessité", détaille Pierre Deraedt, en charge des relations extérieures concernant les nouveaux produits pour Philip Morris Benelux. "Ce produit a un énorme potentiel. Il peut rapporter gros en termes de santé publique et au business de la société."

Philip Morris propose son produit entre autres en France et aux Pays-Bas. Les Belges frontaliers, majeurs et fumeurs, peuvent donc en acheter chez nos voisins. Mais pas par internet. La législation sur le tabac et l’e-cigarette belge interdit en effet leur vente en ligne. "Les sites d’autres pays européens comme les Pays-Bas ne sont pas accessibles depuis la Belgique pour ces raisons", ajoute Pierre Deraedt. "On aimerait le vendre en Belgique, mais ça n’est pas possible. Nous souhaiterions que la ministre assouplisse les lois en vigueur. Il y a un besoin d’informer les fumeurs sur le produit en magasin pour ce type de produits, la loi ne le permet pas."

La ministre de la Santé reste vigilante

Au cabinet de Maggie De Block, on reste fidèle aux lois. "Si Philip Morris veut également lancer Iqos en Belgique, il peut uniquement le faire si le produit répond aux conditions de la cigarette électronique ou des produits du tabac classiques", nous explique-t-on.

Audrey Dorigo, chargée de communication, précise: "Il ne peut pas faire de publicité pour son produit : la publicité pour les produits du tabac est, en effet, interdite dans notre pays et nous traitons l’e-cigarette et les éventuels produits similaires de la même manière que les produits du tabac classiques."

Le cabinet ne se prononce pas sur Iqos, mais reste vigilant. Le produit "n’est pour l’instant pas disponible dans notre pays. Nous ne l’avons donc pas encore analysé".

Le combat de Tabac-Stop contre l’IQos

La Fondation contre le cancer, par la voix de Tabac-Stop, s’exprime contre l’IQos. "Nous sommes opposé à ce produit", explique Régine Colot, tabacologue. "La grande raison est que ce dispositif contient encore du tabac. Ce tabac, chauffé, reste addictif et contient encore des éléments nocifs pour la santé, comme le nitrosamine, qui est cancérigène."

La spécialiste de Tabac-Stop poursuit : "Selon le célèbre Dr Dautzenberg, l’IQos ne chauffe pas le tabac, ça le brûle aussi. Et donc, ça dégage du monoxyde de carbone quand même."

L’IQos contient toujours une substance addictive : la nicotine. "C’est toujours un produit dont on reste dépendant, avec des pics de nicotine. Dans les cigarettes électroniques actuelles, avec le liquide, les doses de nicotine sont moindres. On préfère le vapotage !"

Tabac-Stop le dit clairement : IQos n’est pas une bonne alternative pour une société sans tabac. "Ils sortent un produit pour faire semblant que c’est mieux", ajoute Régine Colot. "C’est comme s’ils disaient qu’ils remplaçaient un fusil par un revolver. Le résultat est le même : ça tue !"

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