Ukraine: face à l'inflation, les réponses dispersées des pays européens

Ukraine: face à l'inflation, les réponses dispersées des pays européens
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Suède, Belgique, Allemagne, France... Les annonces se succèdent en Europe pour aider les entreprises et les consommateurs à faire face à la flambée des prix alimentée par la guerre en Ukraine.

Chaque pays met en place son propre arsenal qui repose sur des baisses de taxes sur l'énergie, des réductions des prix et des aides ciblées, alors que les économies européennes sont inégalement touchées.

La Commission européenne a indiqué début mars qu'elle pourrait prolonger la suspension de ses règles de rigueur budgétaire en 2023 si nécessaire tandis que certains États-membres appellent à une réponse commune de l'Europe.

A chacun ses mesures

La Suède, pays d'Europe où le gazole est le plus lourdement taxé, a annoncé lundi une baisse temporaire d'impôt de 1,30 couronne par litre de carburant (environ 12 centimes) dans le cadre d'un plan de 1,3 milliard d'euros.

En Belgique et aux Pays-Bas, les gouvernements ont fait le choix d'abaisser la TVA sur l'énergie (gaz naturel, électricité et chauffage urbain) et de réduire les droits d'accise sur l'essence et le diesel.

Les consommateurs belges économiseront environ 10 euros à la pompe pour un plein de 60 litres tandis que ceux Néerlandais verront leur facture énergétique (pour un ménage ayant une consommation moyenne) diminuer d'environ 140 euros sur ce semestre.

En Belgique, les ménages les plus pauvres ont également vu le bénéfice du "tarif social" sur l'électricité et le gaz naturel prolongé jusqu'en septembre.

En Pologne, le "bouclier anti-inflation" instauré avant le conflit a été prolongé : "la lutte contre Poutine entraîne des coûts", a justifié le Premier ministre Mateusz Morawiecki le week-end dernier.

Dans la pratique, depuis le 1er février, la TVA sur le gaz est annulée (elle était de 23% à l'origine) et de nombreuses autres baissées. Des aides financières doivent être versées à quelque cinq millions de familles polonaises pour compenser les hausses de prix des produits alimentaires.

Sans trop dépenser

Malgré ces nouvelles annonces, les États européens entendent limiter leurs dépenses.

Le gouvernement italien a affirmé vouloir "maintenir une politique budgétaire prudente" début mars après avoir annoncé des mesures pour un montant d'environ 5,5 milliards d'euros mi-février.

En Allemagne, le gouvernement a décidé mercredi de doubler les aides publiques au chauffage, débloquées début février au profit des ménages les plus vulnérables tout en affirmant sa volonté de revenir à sa règle de frein budgétaire dès 2023.

Un programme d'aide ciblant spécifiquement les prix du carburants est attendu prochainement, pouvant prendre la forme d'un rabais directement à la pompe, à l'image de la mesure prise en France.

En France, les mesures du "plan de résilience" présenté mercredi sont ciblées et n'annoncent pas le retour du "quoi qu'il en coûte", assure Paris. Elles représentent un coût estimé à environ 6,8 milliards d'euros, en partie financé grâce à des reports de crédits budgétaires de 2021.

Vers une solution européenne?

Le besoin d'une "solution collective européenne" a été mise en avant début mars par le ministre de l'Économie français Bruno Le Maire.

En Hongrie, où les prix sont plafonnés depuis l'automne, un mouvement de panique a provoqué la semaine dernière une pénurie des stocks d'essence dans les petites stations-services.

Le gouvernement a dû limiter l'accès des camions de plus de 7,5 tonnes, qui doivent désormais s'approvisionner dans des endroits dédiés.

Cette semaine, la Slovénie a été confrontée à un afflux de voitures venues d'Italie pour faire des pleins après que le gouvernement a décidé de plafonner les prix des carburant à 1,5 euro.

En Espagne, pays durement touché par l'envolée des prix, le gouvernement a dû promettre mercredi un geste supplémentaire, centré sur les carburants, le gaz et l'électricité.

Le Premier ministre Pedro Sanchez a entamé une série de visites dans l'UE pour obtenir un accord des États membres sur une réponse commune, lors du sommet européen des 24 et 25 mars. Autrement, Madrid a prévenu qu'il prendrait des mesures de façon autonome.

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