"Notre produit, nos règles" : Gazprom continue de diminuer ses livraisons vers l'Europe

Après l'Allemagne et l'Italie, le géant gazier russe a annoncé également réduire ses livraisons vers l'Autriche.

La Libre Eco avec AFP
Alexeï Miller, patron de Gazprom.
Alexeï Miller, patron de Gazprom. ©BELGA

Le patron du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller, a défendu jeudi les choix de son groupe, qui ne cesse de baisser ses livraisons à l'Europe dans le contexte de l'offensive russe en Ukraine et des sanctions occidentales contre Moscou. "Notre produit, nos règles. Nous ne jouons pas selon des règles que nous n'avons pas faites", a déclaré M. Miller lors du forum économique de Saint-Pétersbourg.

Le géant russe Gazprom, qui avait réduit mercredi de 15 % ses livraisons de gaz au groupe italien Eni, ne livrera jeudi que 65 % des quantités réclamées, évoquant des problèmes techniques, a annoncé le géant énergétique italien.

"Face à une demande journalière de gaz de la part d'Eni supérieure d'environ 44 % à celle d'hier, une hausse due à la récupération des quantités non reçues et aux dynamiques commerciales normales, Gazprom a annoncé que seulement 65 % des volumes demandés seront livrés", a précisé Eni dans un communiqué. Les quantités de gaz livrées seront donc "légèrement supérieures" à celles de mercredi et atteindront un niveau d'environ 32 millions de m³ par jour, a ajouté ENI.

Le groupe italien précise que, selon Gazprom, l'impossibilité de livrer les quantités de gaz réclamées est due "à des problèmes" à la station de compression de Portovaïa, où se fait le remplissage du gazoduc Nord Stream à travers lequel le géant russe "transporte une partie des volumes (de gaz, ndlr) destinés à ENI". Pour justifier ces coupes, Gazprom affirme avoir été forcé d'arrêter un équipement du groupe allemand Siemens présent sur le gazoduc, mais Berlin, principal consommateur de gaz russe dans l'UE, dénonce une "décision politique" et un "prétexte" de Moscou, dans un contexte de vives tensions avec les pays occidentaux à cause du conflit en Ukraine.

Environ la moitié des entreprises étrangères qui ont conclu un contrat de fourniture de gaz avec Gazprom ont ouvert un compte en roubles auprès de Gazprombank pour honorer leurs paiements, avait assuré à la mi-mai le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, cité par Ria Novosti.

Le géant énergétique italien ENI, contrôlé à 30,3 % par l'Etat, avait ainsi ouvert un compte en euros et un autre en roubles auprès de Gazprombank afin de régler ses paiements de fourniture de gaz russe à la fin du mois de mai, se pliant ainsi aux exigences de Moscou. Le paiement a été fait en euros, selon le groupe.

L'Italie est très dépendante du gaz russe car elle importe 95% du gaz qu'elle consomme, dont environ 40 % provenaient de la Russie en 2021.

Réduction des livraisons à l'autrichien OMV

Pour sa part, le groupe autrichien OMV a indiqué dans une déclaration transmise par courriel à l'AFP que "nous pouvons confirmer que nous avons été informés par Gazprom d'une réduction des volumes de livraisons", précisant toutefois que l'approvisionnement de ses clients est "assuré pour le moment". Et "en cas de nécessité, étant donné qu'il y a actuellement une demande nettement plus faible, ces volumes peuvent être remplacés par des volumes stockés et des volumes du marché au comptant", a ajouté le groupe autrichien qui n'a pas dévoilé l'ampleur de la réduction de gaz en provenance de Gazprom.

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions occidentales contre la Russie décidées depuis l'invasion de l'Ukraine fin février. En réaction, Gazprom a interrompu ses livraisons de gaz à plusieurs clients européens ayant refusé de payer en roubles.

Gazprom a indiqué mercredi que les exportations vers les pays ne faisant pas partie de la Confédération des États indépendants, un groupe réunissant neuf anciennes républiques soviétiques, avaient baissé de 28,9 % du 1er janvier au 15 juin par rapport à la même période l'an dernier. Mais les revenus de la Russie n'ont eux pas été affectés, du fait de l'envolée des prix du gaz. Le Kremlin n'a de cesse d'affirmer dès lors que les décisions des dirigeants européens touchent avant tout leurs propres populations.

>> Relire aussi :Comment Gazprom maximise ses profits en limitant ses exportations de gaz vers l’Europe

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