Gaëtan Van Goidsenhoven: “Il ne faut pas reproduire dans l’espace la pollution que l’on connaît sur terre”

Le sénateur Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) craint que la situation spatiale ne devienne conflictuelle.

Gaëtan Van Goidsenhoven: “Il ne faut pas reproduire dans l’espace la pollution que l’on connaît sur terre”
©GUILLAUME JC

La gestion des déchets est un enjeu environnemental fondamental sur terre, mais il l’est également dans l’espace. Actuellement, quelque 7 600 satellites tournent autour de la planète et environ 60 % d’entre eux seulement seraient encore opérationnels. Plus de 330 millions de déchets spatiaux se trouvent en orbite, selon une estimation récente de l’ESA, l’agence spatiale européenne. Et ces chiffres n’iront qu’en augmentant puisque des compagnies comme Starlink (SpaceX – Elon Musk) prévoient d’envoyer des milliers de nouveaux satellites prochainement.

À terme, cette prolifération risque de mal finir. "On se dirige vers une multiplication des collisions", s'inquiète Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) qui a fait adopter vendredi dernier au Sénat deux propositions de résolution pour que la Belgique adopte une politique plus volontariste sur le plan de la gestion spatiale. "L'orbite basse constitue une ressource limitée. Il s'agit d'en prendre soin, de ne pas la gaspiller. Or, si l'homme continue de la polluer en ne se préoccupant pas de la fin de vie des satellites mais aussi des lanceurs qu'il y envoie, c'est davantage à un cimetière à ciel ouvert que ressemblera à moyen terme cet endroit. Il ne faut pas reproduire dans l'espace la pollution que l'on connaît sur terre". La prolifération des débris spatiaux présente des risques en matière de cybersécurité, puisque de plus en plus de données transitent par les satellites.

Pour le président de la "plateforme espace" du Sénat, il est urgent de responsabiliser les états et les firmes parce que "l'espace ne doit pas devenir le far-west". L'exploitation des matières spatiales pourrait devenir une matière centrale de l'économie du futur mais elle pourrait charrier avec elles son lot de situations conflictuelles. La crainte du sénateur est que les conflits terrestres puissent s'exporter dans l'espace. "Il ne faut pas tomber dans des postures de conquistadores et revenir aux bas instincts de l'humanité."

Dans cette gestion de zones spatiales, la Belgique ne joue pas un rôle anodin. L'industrie spatiale représente pour l'instant près de 10 000 emplois dans le pays. Et ça devrait augmenter puisque la mi-juin, Aerospacelab a lancé la création de sa méga-usine d'où sortiront 500 satellites par an dès 2025. Le royaume est également le cinquième contributeur financier le plus important au sein de l'ESA.

Pour rester compétitif dans ce domaine et pour se prémunir des multiples risques, le sénateur en appel à agir sur trois volets. Aux différents gouvernements belges, il demande de conscientiser leurs contacts à cette problématique, mais également de soutenir le développement d’infrastructure de sécurité lié à la Space Cyber Security. Au fédéral, il implore de se tourner vers l’ONU pour avoir des discussions sur la viabilité des activités spatiales. Mais surtout, il insiste auprès des gouvernements communautaires pour qu’ils promeuvent les études scientifiques liées au domaine spatial. “Le sujet des débris spatiaux peut paraître complexe et éloigné mais il va avoir des répercussions de plus en plus importantes dans le quotidien des gens. C’est un sujet qui concerne la politique scientifique, la recherche, les nouvelles technologies, la diplomatie, les relations internationales, l’enseignement, l’environnement, les télécommunications, la Défense…”

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