La tension monte au sein de la Vivaldi: le dossier explosif des pensions doit être réglé avant le 21 juillet

Les retraites représentent la part la plus importante des dépenses du gouvernement.

La tension monte au sein de la Vivaldi: le dossier explosif des pensions doit être réglé avant le 21 juillet
©BELGA

La Vivaldi a 15 jours pour s’accorder sur l’épineuse question des pensions. Le Premier ministre Alexander De Croo souhaitait boucler une série de dossiers avant les vacances parlementaires et il est parvenu à écrémer une partie d’entre eux. Les 2 % du PIB pour l’armée, le jobs deal et la prolongation du nucléaire sont acquis. L’examen du budget 2023 et les solutions pour le pouvoir d’achat ont été renvoyés à septembre. La grande réforme fiscale attendra, car elle ne figure pas dans l’accord de gouvernement.

Le dernier dossier de taille reste donc la réforme des retraites, une réforme explosive pour laquelle plusieurs kerns vont être nécessaires. Les différents conseils des ministres du week-end passé et celui de lundi soir n’ont pas suffi pour conclure un accord.

Pour comprendre pourquoi le sujet est si délicat, il faut visualiser son importance budgétaire. Les retraites représentent en effet la part la plus importante des dépenses du gouvernement. Pour 2022, les dépenses de l’administration fédérale et de la sécurité sociale représentent 164,1 milliards d’euros. Sur cette somme, 57 milliards vont uniquement aux pensions. Étant donné que la population belge vieillit et que le nombre de personnes qui partent à la retraite augmente, le gros du débat porte sur la soutenabilité du projet de réforme. Comment financer ces retraites ?

Taxer davantage les travailleurs est hors de question pour les partenaires, surtout en cette période. Réduire les versements aux pensionnés n’est pas non plus envisageable. Reste à augmenter le nombre de personnes qui cotisent…

Jusqu’ici, le gouvernement planchait sur quatre mesures phares : le bonus pension (soit une incitation financière à travailler plus longtemps), la pension à temps partiel (soit une réduction du temps de travail en fin de carrière), le calcul des jours effectivement prestés et la prise en compte des inégalités (les femmes sont lésées dans le calcul).

Un cinquième point a été ajouté depuis que le Premier ministre s'est emparé du dossier : le départ anticipé à 60 ans, après 42 ans de carrière (contre 44 actuellement). Une mesure étiquetée PS que De Croo aurait acceptée pour faire passer l'accord, mais sur laquelle le MR s'est braqué. Pour satisfaire ces derniers, il a alors été proposé de parler de travail effectif pour la pension minimum, un point qui irrite les socialistes. "Un indépendant qui a travaillé toute sa vie doit pouvoir toucher plus qu'un inactif", résume-t-on dans le camp libéral. L'Open VLD parle de baser le calcul sur 20 ans de travail effectif. La ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) défend un calcul sur 10 ans. La volonté maintenant serait de calculer le travail effectué durant l'existence en jours et non plus en années.

Un kern pensions est attendu jeudi. En amont, les discussions intercabinets pourront se nourrir d’un rapport des partenaires sociaux prévu pour le 6 juillet.

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