La fermeture de Nord Stream 1 risque d'avoir des conséquences énormes sur le marché énergétique et sur les marchés financiers

La fermeture de Nord Stream 1 risque d'avoir des conséquences bien plus importantes que prévu.

La Rédaction avec agences

Samedi, le groupe russe Gazprom a confirmé l'arrêt, pour une durée indéterminée, du gazoduc Nord Stream vers l'Allemagne en raison de fuites dans une turbine. Cette fermeture pourrait entraîner une hausse des prix de l'électricité.

Situation "sous contrôle" en Belgique

La situation est suivie de près, avait indiqué vendredi le cabinet de la ministre Van der Straeten. Il n'y a pas d'impact sur l'approvisionnement belge en gaz. "Le stock de gaz à Loenhout sera constitué à 90% d'ici quelques jours, en avance sur le calendrier.

La Belgique continue à faire transiter un maximum de gaz vers l'Allemagne et les Pays-Bas en particulier". Chez le gestionnaire belge de réseaux de gaz Fluxys également, on affirme qu'il n'y a pas d'impact direct. La Belgique n'a plus importé de gaz naturel depuis l'Allemagne depuis des mois. La Norvège est le principal fournisseur de gaz naturel du pays. Un gazoduc sous-marin - Zeepipe - relie Zeebrugge aux champs gaziers norvégiens. La Belgique importe également dugaz naturel liquéfié via les ports de Zeebrugge et Dunkerque. Les négociants en gaz s'attendent à ce que l'arrêt prolongé de Nord Stream I entraîne une nouvelle hausse des prix lundi, sans toutefois atteindre de nouveaux records.

Faut-il s'inquiéter?

Bruno Colmant, professeur et docteur en finances, écrit sur Twitter son inquiétude quant aux conséquences imminentes de la fermeture du gazoduc: "Lundi, cela va tanguer sur les marchés financiers", déclare-t-il.

Damien Ernst, professeur en éléctromécanique à l'ULiège, partage aussi sur Twitter ses craintes quant à la montée des prix du gaz: "Si les prix du gaz montent en flèche, il existe un vrai risque de faillite des "traders" en raison des appels de marge, explique le professeur. Cela pourrait envoyer une onde de choc à l'ensemble de l'industrie énergétique et financière".

La députée cheffe de groupe MR au Parlement de la région de Bruxelles-Capitale Alexia Bertrand souligne quant à elle le manque de réactivité de la Belgique là où la Suède a déjà pris des mesures: "la Suède annonce une aide urgente à ses producteurs d'énergie. Comment réagir? Il faut une baisse immédiate de la fiscalité pour aider les ménages à payer leurs factures", demande la députée.

Des nouvelles aides en Suède

La Suède avait effectivement agi rapidement après la fermeture du gazoduc Nord Stream 1 et a indiqué samedi qu'elle allait fournir des garanties financières aux entreprises énergétiques des pays nordiques et baltes, pour un montant de plusieurs "milliards de dollars", afin d'éviter une crise financière déclenchée par la pénurie d'énergie en Europe.

S'adressant aux journalistes, la Première ministre suédoise Magdalena Andersson a évoqué la perspective d'un "hiver de guerre" en annonçant les garanties qui visent à donner aux groupes énergétiques "le répit dont ils ont besoin".

Les garanties, dont les détails restent à préciser, doivent être mises en place lundi et couvrir tous les acteurs nordiques et baltes dans les deux semaines suivantes.

Mme Andersson a fustigé "la guerre énergétique de la Russie" qui "a de graves conséquences pour l'Europe, les ménages et les entreprises suédois, en particulier dans le sud de la Suède, qui dépend des prix de l'électricité en Allemagne, elle-même très dépendante du gaz".

"Cela menace notre stabilité financière. Si nous n'agissons pas rapidement, cela pourrait entraîner de graves perturbations dans les pays nordiques et baltes", a-t-elle ajouté. "Dans le pire des cas, nous pourrions tomber dans une crise financière".

Le ministre suédois des Finances Mikael Damberg, lors de la même conférence de presse, a déclaré que la décision de la Suède "garantirait la stabilité financière non seulement en Suède mais dans toute la région nordique".

L'Allemagne réagit à son tour

Le gouvernement allemand s'est entendu dimanche sur un nouveau plan d'aides au pouvoir d'achat et aux entreprises, à travers des mesures totalisant 65 milliards d'euros, selon un projet d'accord consulté dimanche par l'AFP.

"Une aide rapide et proportionnée aux citoyens et aux entreprises est nécessaire en raison de l'augmentation rapide des prix de l'énergie", explique ce document élaboré après des semaines de discussions laborieuses entre les trois partis de la coalition du chancelier social-démocrate Olaf Scholz.

Le chef du gouvernement doit présenter le catalogue des mesures lors d'une conférence de presse à partir de 11h00 (09h00 GMT).

Le social-démocrate, à la tête d'une coalition formée avec écologistes et libéraux, avait réuni samedi, jusque tard dans la soirée, les principales figures du gouvernement pour finaliser ce plan.

Les aides comprennent notamment une chèque versé aux étudiants et aux retraités ainsi qu'une augmentation de l'allocation logement, selon le document.

La patron de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, a jugé probable que l'inflation atteigne 10% d'ici la fin de l'année, une première depuis les années 1950.

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