Face au déficit budgétaire, Georges Ugeux annonce des jours sombres : "Des personnes vont commencer à souffrir et ce ne sont pas les plus riches"

Chaque matin sur LN24, Martin Buxant revient avec son invité du jour sur l'actualité du moment.

Ce matin, Martin Buxant recevait Georges Ugeux, économiste et ancien vice-président de la Bourse de New-York, sur LN24. L'économiste est d'abord revenu sur la récente mise en garde de la Commission européenne à la Belgique concernant un déficit budgétaire trop important. "Je crois qu'on est entré dans une phase où les pays ont vécu sur la dette où il n'y avait pas de taux d'intérêt. Mais maintenant, avec l'inflation, les dettes coûtent de l'argent. Cela veut également dire des intérêts à payer dans le budget annuel avec le refinancement de la dette avec des taux plus élevés. Nous sommes donc entrés dans une phase où la dette fait mal et a un coût. Cela n'aurait jamais dû arriver. À partir du moment où nous finançons le fonctionnement de l'État avec la dette il faut bien que cela se termine à un moment", résume-t-il.

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Mais alors, quelle solution s'offre à nous pour rectifier la situation ? Georges Ugeux se veut pragmatique et n'envisage pas de jours heureux dans l'immédiat pour la population. "À partir du moment où vous avez de l'argent facile, vous dépensez également facilement. On doit retourner au tableau noir et regarder ce que nous dépensons exactement pour couper ce qui n'est pas nécessaire. J'espère qu'on arrivera à traverser cette période d'une manière qui ne soit pas socialement problématique. Car lorsque l'État n'est plus là pour soutenir, certaines personnes vont commencer à souffrir et ce ne sont pas les plus riches", prévient-il.

Le modèle économique américain, où tout doit se financer de manière individuelle, serait-il en fin de compte une piste à explorer pour l'Europe au vu du contexte actuel ? Georges Ugeux ne le pense pas. "L'Europe a beaucoup plus de solidarité dans son système et c'est pour cela, sans doute, qu'elle évolue moins vite que les États-Unis économiquement parlant. Mais pour moi, le modèle de la solidarité est plus important que jamais. Malheureusement, vu le déficit budgétaire, cela veut dire quand même qu'il n'y aura pas de mesures pour tout le monde." De fait, l'économiste recommande toute une série de réformes pour tenter de réduire au maximum le budget annuel. Il conseille notamment de ne plus augmenter les dépenses du fonctionnement courant. "On a des dépenses à faire sur le climat ou encore sur la transition énergétique, mais au niveau des dépenses d'activités non productives, il y a moyen d'agir. Cela implique nécessairement que le secteur privé prenne le relais."

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Dans la fin de son interview, Georges Ugeux est également revenu sur la relation que la Belgique entretient avec la Chine. Pour l'économiste, le moment est venu de changer de ton. "D'un point de vue économique, Xi Jinping a fait un paquet d'erreurs et tout est en train de lui revenir. Je pense que c'est un moment privilégié pour entamer le dialogue avec ce leader qui a été fragilisé. Je ne dis pas qu'on va y arriver mais on doit le tenter. On doit lui dire qu'on est prêt à continuer à investir en Chine mais pas dans celle de maintenant. Nous sommes des clients importants pour eux, tout en étant des fournisseurs, nous avons donc une double position dans le bilan chinois. Ils ont aussi besoin de nous. Est ce que l'idéologie va laisser place à un certain pragmatisme ? Nous devons le tester", a conclu l'ancien vice-président de la Bourse de New-York, sur LN24.

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