Economie

L'affaire Depardieu va-t-elle rapprocher les deux pays ?

BRUXELLES La France et la Belgique n'ont toujours pas entamé de négociations en vue d'une révision de leur convention bilatérale contre la double imposition, en dépit de l'appel lancé en décembre par François Hollande.

Interrogé sur l'exil fiscal de l'acteur Gérard Depardieu, le président français avait annoncé une révision des traités avec la Belgique et avec la Suisse. "Nous allons revoir ces conventions", avait-il déclaré, en précisant que la négociation était la seule voie possible. "Cela ne peut pas être une volonté seulement française. Nous sommes obligés de renégocier la convention fiscale pour traiter le cas de ceux qui se sont installés dans quelques villages belges".

Depuis, Paris a mis fin a une tolérance en vigueur depuis 1972 pour pour les Français installés en Suisse. Désormais, les expatriés fiscaux qui continuent à avoir une activité professionnelle en France ou à y toucher des dividendes devront s'acquitter d'impôts accrus en France, même s'ils sont domiciliés fiscalement en Suisse.

Mais avec la Belgique, aucune démarche n'a été entrerises pour l'instant, confirment plusieurs sources belges et françaises. En marge de sa réception de Nouvel An, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'est déclaré "ouvert à une renégociation". "Mais il faut savoir sur quoi", a-t-il ajouté, laissant entendre que les intentions françaises n'étaient pas très claires.

M. Reynders est aussi revenu sur l'affaire Depardieu, sans nommer l'acteur, en déclarant que "les portes" de la Belgique étaient ouvertes aux étrangers, qu'ils aient un passeport "français, russe ou autre". "La Belgique est un pays très accueillant", a-t-il répété, mais "il ne faut pas croire que c'est un paradis fiscal".

"Je réagis comme ministre des Affaires étrangères lorsque la Belgique est prise comme bouc émissaire dans un autre pays", a-t-il ajouté, en soulignant que son pays n'avait "pris aucune mesure particulière pour attirer des citoyens français".

Le chef de la diplomatie a également rappelé que les mouvements de personnes entre la Belgique et la France s'effectuaient dans les deux sens, citant le cas de l'actrice Cécile De France, dont il a rappelé qu'elle était "plutôt de Namur".

© La Dernière Heure 2013