Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une proposition de médiation après l'échec de la négociation entre les partenaires sociaux. La norme salariale reste fixée à 0,4%, hors l'indexation confirmée de 2,85%, ainsi que l'avait établi le Conseil central de l'économie. Les mesures exceptionnelles prises durant la crise (télétravail, congé vaccination, prime dans le secteur des soins, etc.) ne sont pas comptées en déduction de cette marge.

La "prime corona" peut venir en complément de la norme de 0,4%. Elle pourra être accordée par "établissement", c'est-à-dire par entreprise et non par secteur, qui a enregistré de bons résultats et devra être demandée avant la fin de l'année, a-t-on expliqué de source gouvernementale. Une cotisation patronale réduite à 16,5% sera appliquée. Cette prime bprendra la forme d'un chèque consommation, précise-t-on jeudi au cabinet du ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne. La liste des commerces et des établissements où le chèque pourra être utilisé devrait être élargie. Sa durée de validité devra également être définie.

"C'est un bon accord, raisonnable et équilibré", estime jeudi le Premier ministre Alexander De Croo. "C'est une proposition de médiation qui assure et renforce le pouvoir d'achat. Mais d'une manière qui est également supportable pour les entreprises en cette période économiquement difficile", ajoute-t-il. Pour le Premier ministre, il est également important que le gouvernement se soit engagé à mettre en œuvre l'enveloppe bien-être, qui inclut notamment une hausse des pensions les plus basses.

Le gouvernement a par ailleurs confirmé l'avis rendu par les partenaires sociaux sur l'affectation de l'enveloppe bien-être. Il propose aux partenaires sociaux qu'un travail soit mené sur plusieurs dossiers, à commencer par celui du salaire minimum "dont l'évolution n'a pas suivi l'évolution des autres salaires en s'engageant sur une trajectoire de convergence étalée sur plusieurs accords interprofessionnels et démarrant après la crise". Le gouvernement pourra accompagner ces évolutions par des mesures fiscales et parafiscales. Les autres dossiers sont l'harmonisation des pensions complémentaires des ouvriers et des employés, les heures supplémentaires (afin qu'un nombre accru d'heure soit possible en 2021-2022) et les fins de carrière afin de les rendre "faisables" par le régime d'emplois de fin de carrière.

"Le gouvernement souhaite mener un dialogue actif avec les partenaires sociaux sur ces quatre thèmes. Il est disposé à prendre les mesures nécessaires à la mise en œuvre de ces accords", a-t-on précisé à même source.